La Côte d'Ivoire, entre climats tropical et politique 

Le Sherbrookois Frédéric Dion pose ici lors d'un... (Collaboration spéciale)

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Le Sherbrookois Frédéric Dion pose ici lors d'un souper chez un jeune de la "Nouvelle génération". La fête des Générations est un rituel de la tribu Ébrié, en Côte d'Ivoire, là où il habite.

Collaboration spéciale

Geneviève Proulx

Geneviève Proulx

(SHERBROOKE) Au moment où vous lirez ces lignes, il y a fort à parier que Frédéric Dion sera à l'aéroport d'Abidjan en Côte d'Ivoire où il se sera présenté, les doigts croisés, en espérant très fort que ce soit son jour de chance. Parce que, depuis six semaines déjà, il accumule papiers et documents officiels afin de pouvoir récupérer ses boîtes d'effets personnels qui y sont entreposés depuis leur arrivée d'Allemagne. Pas simple, la bureaucratie africaine!

"C'est très compliqué. Tout ce qui pourrait être simple est compliqué! Mais je m'y attendais. Ça fait partie de l'expérience", explique le Sherbrookois de 34 ans. Faut dire que Frédéric Dion a de la pratique derrière la cravate. Après un séjour en Nouvelle-Zélande, au Zimbabwe et Allemagne, sa capacité d'adaptation est au top.C'est sa copine allemande, qui s'est déniché un boulot à l'Université Cocody au département d'études allemandes, qui a amené Frédéric Dion en Afrique de l'Ouest. Et lui, que fait-il dans ce pays bercée par le golfe de Guinée?

"Je tente d'ouvrir un compte de banque! dit-il en éclatant de rire. Plus sérieusement, je dois organiser toute notre installation ici, comme meubler la maison. Ça peut avoir l'air simple, mais ce n'est pas le cas. Il faut négocier pour tout. Et puis, je dois courir partout pour avoir des papiers et des documents légaux qui me permettront de recueillir nos boîtes à l'aéroport et d'ouvrir un compte de banque."

Du climat tropical...

Mais n'allez pas croire que Frédéric Dion, une fois son installation complétée, passera ses journées à "popoter" pour sa douce et à épousseter leur maison. Que non! "J'ai déjà des contacts pour enseigner l'anglais. Je continuerai donc dans le même domaine qu'auparavant."

Même s'il avait déjà séjourné en Afrique par le passé, il a été tout de même impressionné par l'état des bâtiments de cette ville de quatre millions d'habitants.

"Tout est en mauvais état et très sale. Mais c'est dû au climat tropical. Les édifices sont laids de l'extérieur, on a l'impression qu'ils n'ont pas été peinturés depuis 50 ans, mais quand tu entres à l'intérieur, c'est complètement autre chose. C'est superbe!"

Au climat politique

Et puis, même si on ne recommande pas la Côte d'Ivoire comme destination vacances pour la prochaine relâche, le Sherbrookois se veut rassurant. "C'est un pays en reconstruction et il n'y a pas eu d'attaque sur des blancs depuis quatre ans. Quand les Ivoiriens voient un blanc, ils sont contents, gentils et accueillants."

Puis qui dit pays en reconstruction, dit pays où la pauvreté est omniprésente. "Aux feux de circulation, il y a toujours des enfants, des vieux, des blessés qui quêtent. Plusieurs vendent des choses, comme des petits paquets de mouchoirs. Plutôt que de donner de l'argent à ceux qui quémandent, j'aime mieux encourager une petite entreprise." Ne soyons donc pas surpris de savoir que Frédéric Dion est très bien équipé pour faire face au prochain rhume!

Ce genre de micro-entreprise foisonne dans son nouvel environnement. "J'habite dans une ruelle où les maisons sont vraiment collées les unes sur les autres. Il n'y a même pas de place pour les voitures ou les vélos. Chaque matin, il y a plein de gens qui viennent dans la ruelle pour vendre des trucs: du pain, des unités de cellulaire, etc. Il y a même le couturier qui se promène de maison en maison avec sa machine à coudre sur l'épaule pour réparer nos vêtements. Puis il y a aussi une madame qui offre de faire notre lavage! Je n'avais jamais vu ça ailleurs!"

 

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