Suivre le courant

Jonathan Custeau. Toujours en train de voyager, à... (SPECTRE MÉDIA, RENÉ MARQUIS)

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Jonathan Custeau. Toujours en train de voyager, à travers le monde ou à travers les mots.

SPECTRE MÉDIA, RENÉ MARQUIS

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Je ne suis pas doué pour les adieux. Et pourtant, je connais. Je dis adieu des dizaines de fois à chacune de mes incursions à l'étranger. Tantôt j'ai le coeur gros, tantôt ils se passent un peu trop bien. J'en parle pendant des mois et je reviens là où tout a commencé.

Ma carrière de journaliste a commencé avec La Nouvelle. Je lui ai fait mes adieux une fois, dans une chronique comme j'avais pris l'habitude d'en écrire hebdomadairement, en me consacrant à l'actualité au quotidien. Je suis revenu pour butiner de pays en pays sous les traits du Bourlingueur. Si j'ai pris le goût de l'étranger, c'est un peu grâce aux Sherbrookois dans le monde avec qui je me suis entretenu pendant des années pour La Nouvelle. Ils m'ont donné envie.

Cette fois, ce n'est pas moi qui tire le rideau. Je réécris pourtant la même chronique d'adieux.

Bien sûr, j'ai envie de vous souhaiter un joyeux Noël et une bonne année, pendant qu'on y est, tout en sachant très bien que tous n'attendent pas Noël avec la même ferveur. Quand on multiplie les amis provenant d'autres horizons, on réalise que notre mode de vie n'est pas universel, que nos jours de fête n'ont pas la même signification pour tout le monde. Mais si ce n'est pour célébrer en famille, pour raviver une flamme spirituelle, puisse ce temps des Fêtes être au moins un moment d'arrêt.

Pour moi, entre Noël et le jour de l'An, malgré la ferveur et la vitesse de la vie, il faut un temps pour réfléchir, pour faire un bilan, même s'il n'est pas officiel, et pour regarder en avant. Le 1er janvier ne sera que le lendemain d'une autre journée de 24 heures. L'idée de tourner une page, de repartir à zéro ou de rembobiner est bien virtuelle. Soit!

L'année 2015 aura été particulièrement imprévisible, remplie de tellement de hauts et de bas. Des fois, dans une montagne russe, on ne sait même plus si on a la tête en haut ou en bas. Ceci dit, ma réflexion commencée me rappelle un ami qui m'incitait à « suivre le courant » pour faire face à l'incertitude qui me tenaillait.

C'est un peu ce que je nous souhaite pour la nouvelle année : suivre le courant. C'est bien beau, toutes ces métaphores, mais qu'arrive-t-il si je ne sens pas le courant? S'il ne m'amène ni à droite ni à gauche? Cette question, je l'ai aussi posée à mon ami.

En réalité, si le courant ne se fait pas sentir, peut-être vaut-il mieux commencer à foncer dans une direction, à souffler d'un côté ou de l'autre. Si le vent souffle ailleurs, il vous fera faire demi-tour.

J'ai tellement cherché ce vent après six mois d'enivrement autour du monde. J'ai attendu longtemps avant de commencer à sauter sur le tremplin qui se trouvait devant moi. Un petit courant d'air m'a entraîné en Californie et en Afrique du Sud. La roue commençait à tourner.

Une première bourrasque violente m'a secoué quand on a tellement cru en moi qu'on m'a proposé d'imprimer mes souvenirs de voyage sur du papier journal. Des fois, c'est important quelqu'un qui croit en nous pour nous faire cheminer. Des fois, c'est tout ce qu'on a, mais ça vaut bien des liasses de cent piastres.

Ce courant-là m'a amené à communier avec des milliers de Sherbrookois chaque semaine en rêvant d'autres horizons. Ce courant-là, il m'a récemment amené aussi dans des foyers de Québec, Gatineau, Trois-Rivières, Granby, où le Bourlingueur pose maintenant son sac à dos toutes les semaines.

Dans ce courant-là, il y a un peu de moi et beaucoup de vous.

Je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces années où les idées folles et les rencontres extraordinaires ont permis à La Nouvelle de laisser une trace et de s'ancrer dans le coeur des Sherbrookois. Ces aventures m'ont fait voyager autant que les dizaines d'avions avec lesquelles j'ai aussi plané dans la dernière décennie.

En souhaitant vous croiser dans un autre fuseau horaire, merci d'avoir aimé La Nouvelle autant que nous aimions la partager avec vous. Bonne route!

Jonathan Custeau

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