L'imposteur optimiste

Philippe Cadieux. Curieux de nature, veut toujours en... (SPECTRE MÉDIA, JESSICA GARNEAU)

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Philippe Cadieux. Curieux de nature, veut toujours en savoir plus!

SPECTRE MÉDIA, JESSICA GARNEAU

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Philippe Cadieux

Je n'ai jamais eu la prétention d'avoir suffisamment de talent pour écrire dans un journal. Je dois avouer bien humblement qu'au cours des trois dernières années, ces années où j'ai eu la chance d'écrire dans La Nouvelle, à tort ou à raison, chaque fois que je réalisais une entrevue ou même que je m'installais devant mon ordinateur pour écrire un texte, j'étais systématiquement envahi par le syndrome de l'imposteur.

Que voulez-vous, ça fait partie de moi. J'ai toujours eu besoin que quelqu'un me donne une bonne tape sur l'épaule pour me signifier que je suis capable. Que je suis bon. Dans ma vie, c'est ma blonde qui joue ce rôle.

Au journal, l'ami Tardif a indéniablement joué un rôle important. Je vais toujours me rappeler de ce moment où j'étais bien installé à la terrasse du Boquébière à siroter une bière en compagnie de mon comparse. À peine attablé, je lui lançais que j'avais pris la décision de mettre fin à ma collaboration à La Nouvelle. Avec son sens - légendaire - de la répartie, il m'avait immédiatement rétorqué : « Cadieux, est-ce que tu laisserais ta blonde si elle était en phase terminale!? » J'en étais resté bouche bée. Il m'avait bien eu. J'ai acquiescé tout en baissant la tête. J'étais persuadé qu'en me regardant dans les yeux, il débusquerait cet imposteur qui se cache en moi.

Malgré ce sentiment qui m'habitait perpétuellement, j'ai persévéré. Pourquoi? Probablement parce que Sonia savait toujours s'entourer de gens extraordinaires. Se priver de La Nouvelle, c'était dire adieu à nos rencontres d'équipe, où nos débats prenaient - trop - souvent le dessus sur le travail que nous devions accomplir. C'était également dire adieu à ces personnes avec qui nous avions l'occasion de discuter quelques instants afin d'extirper une infime parcelle de leur vécu pour éventuellement tenter de transmettre cette sublimité sur le papier.

Au final, je n'ai jamais lâché. Semaine après semaine, j'ai travaillé avec de belles personnes. Des gens qui te donnent le goût de continuer. De ne pas baisser les bras et d'ajouter un petit morceau de ton amour pour Sherbrooke et ses habitants dans chaque texte.

Et vous savez quoi? Lorsqu'on m'a annoncé la mort de La Nouvelle, je n'étais pas déçu, ni même fâché. Évidemment, lorsque je pense aux dernières années, la nostalgie prend le dessus. Mais lorsque j'y réfléchis un brin, je ne suis pas capable de me contraindre à accepter que ce soit la fin de quelque chose. Non. La nature a horreur du vide. Le contenant n'existe plus, mais le contenu est toujours bien en vie.

Croyez-moi, vous ne vous débarrasserez pas aussi aisément des artisans de La Nouvelle. Évidemment, vous ne les trouverez plus dans une formule condensée d'une vingtaine de pages. Mais ils seront ici et là, à foisonner dans les méandres sherbrookois. Ils seront ici et là, à écrire, à organiser, à s'impliquer, à arracher une infime partie d'eux pour la garrocher dans l'univers. Parce que ces gens-là ne lâchent pas. Ils persévèrent.

Faque, c'est ça. Aucune tristesse; que de beaux souvenirs; on regarde vers l'avant.

Je t'aime La Nouvelle! xxx

Philippe Cadieux

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