Fuir la violence

En 2002, Sergio Rodriguez a fui la violence... (SPECTRE MÉDIA, MAXIME PICARD)

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En 2002, Sergio Rodriguez a fui la violence de sa Colombie natale pour s'installer à Sherbrooke et fonder sa famille.

SPECTRE MÉDIA, MAXIME PICARD

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Philippe Cadieux

Ils fuient leurs terres, la guerre, la peur. Accueillir des réfugiés, c'est leur ouvrir notre porte et notre coeur. C'est aussi apprendre à les connaitre...

Lorsque Sergio Rodriguez a quitté sa Colombie natale, son village était à feu et à sang. Des guérilleros nourrissaient la terreur et semaient la mort partout autour d'eux. La guerre de la drogue battait son plein. La mort de sa tante aux mains des trafiquants, cette femme qu'il aimait comme une mère et avec qui il habitait, l'a poussé à déserter son pays. Le 10 octobre 2002, on l'accueillait à bras ouverts à Montréal. Cette date restera à jamais gravée dans sa mémoire.

« Je ne parlais pas un mot en français et j'arrivais dans un pays que je ne connaissais pas, se remémore le réfugié. On m'a immédiatement accueilli et dirigé vers Sherbrooke. Dès mon arrivée dans la ville qui devait devenir mon nouveau chez moi, l'équipe du Service d'aide aux Néo-Canadiens m'a pris sous son aile. Ils m'ont aidé à trouver un appartement, à ouvrir un compte bancaire et à faire ma première épicerie », ajoute-t-il d'un ton reconnaissant.

L'adaptation n'a pas été facile. Il devait apprivoiser la langue, la culture et le climat. En plus d'avoir à intégrer le marché de l'emploi. « J'ai dû me prendre en main et apprendre rapidement. Au début ce n'était vraiment pas facile. À des milliers de kilomètres de ma famille, je dois avouer que je me sentais seul. »

Une communauté accueillante

Mais il n'a pas baissé les bras. « La communauté sherbrookoise a été très accueillante. On m'a permis de faire ma place, et aujourd'hui, je ne regrette pas ma décision d'avoir quitté la Colombie pour m'installer au Québec. J'ai quitté la violence pour m'installer dans une ville où il fait bon vivre », clame Sergio.

Quelques mois après son arrivée, il s'est intégré à la société et, peu à peu, il a rebâti son tissu social. Il a rencontré sa femme, qui est également issue de la communauté colombienne, et ils ont eu un enfant ensemble. Et malgré le fait qu'il a dû trimer dur pour reconstruire sa vie, Sergio demeure humble et reconnaissant. « J'ai été chanceux. L'aide que j'ai reçue en arrivant ici a été bénéfique pour moi. J'ai pu m'intégrer facilement à la communauté sherbrookoise. »

Ce n'est pas parce qu'il est bien installé ici au Canada que Sergio ne s'ennuie pas de la Colombie. « J'y pense souvent. Chaque fois que la période des Fêtes approche, je suis nostalgique. Je pense à ma famille qui est encore là-bas. Même s'ils sont en sécurité, j'aimerais les avoir près de moi », mentionne-t-il, tout en ajoutant que, dans les dernières années, il a fait deux séjours dans son pays natal sans jamais retourner dans la ville où il habitait.

Une terre d'accueil

Évidemment, pour Sergio, le Canada est une terre d'accueil. Et lorsque questionné au sujet des réfugiés syriens qui doivent arriver dans les prochaines semaines, aucun doute ne subsiste à son esprit. Nous avons la responsabilité de les accueillir. « Il y a des enfants, des femmes et des familles qui ont besoin de nous. Nous avons la chance de vivre dans un vaste pays qui est peu peuplé. Nous avons donc amplement de place pour les recevoir », explique-t-il.

De plus, selon ce dernier, nous avons besoin d'eux. « Ces réfugiés représentent une main-d'oeuvre potentielle très intéressante pour l'économie canadienne. Parmi ceux-ci, il y aura des médecins et des ingénieurs. Des gens qui deviendront éventuellement des atouts pour notre société. »

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