Comme une odeur de métal

Julie Mineau... (IMACOM, MAXIME PICARD)

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Julie Mineau

IMACOM, MAXIME PICARD

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Marie-Claude Masse

C'est présentement le Salon des métiers d'art de l'Estrie au Centre de foires de Sherbrooke. Méchante belle occasion de vous présenter quelques artisans.

Julie Mineau est joaillière depuis maintenant une quinzaine d'années. Celle qui en sera à sa quatrième présence au Salon des métiers d'art de l'Estrie a accepté de nous parler de son parcours, marqué par la constance et la persévérance.

En cinquième secondaire, après qu'un orienteur lui eut dit qu'elle ne « ferait pas grand-chose de sa vie », Julie s'inscrit sans trop de motivation au cégep, en arts plastiques. Elle poursuit ses études à l'Université Concordia, cette fois-ci en histoire de l'art, mais la flamme n'y est pas. Durant une soirée tout particulièrement arrosée, sa colocataire de l'époque lui lance : « Me semble que tu serais bonne en joaillerie ». L'idée germera assez pour que Julie décide de s'inscrire à l'École de joaillerie du Cégep du Vieux-Montréal. « Quand je suis entrée pour la première fois dans ma classe et que je me suis assise et que j'ai ouvert mon coffre, j'ai tout de suite su que c'était ce que je voulais faire », déclare celle qui a la même certitude toutes les fois où elle franchit la porte de son atelier, qu'elle appelle « son garage ».

« J'arrivais à l'École à neuf heures et j'en ressortais à dix heures le soir. J'étais tout le temps à l'École, même durant la semaine de relâche. Pis j'étais bonne... la première de ma classe! J'étais bonne pour la première fois de ma vie », raconte avec une franchise désarmante Julie. Elle terminera son parcours avec l'obtention d'une bourse d'excellence, des idées plein la tête, et fondera avec quatre autres finissants L'Atelier libre, une coopérative de joailliers-artisans.

C'est toutefois lorsqu'elle est embauchée par une entreprise de fabrication de bijoux qu'elle apprend véritablement à travailler : « À l'école, t'apprends à créer. À la shop, j'ai appris à travailler rapidement et intelligemment. Je pouvais sabler 20 000 bijoux par jour, c'était un travail très répétitif, mais passionnant. » L'envie de voir autre chose l'amènera à faire la rencontre d'une joaillière, pour qui elle travaille toujours aujourd'hui, ses principales tâches étant l'assemblage et la finition.

En parallèle, elle lancera sa propre collection de bijoux, des pièces créées dans le plus grand respect des règles de l'art de la joaillerie, principalement en argent sterling. « Dernièrement, j'ai commencé à travailler avec du laiton, du cuivre et du béton, et j'ai vraiment du fun », s'enthousiasme l'artisane qui me montre avec fierté ses nouvelles pièces. Ses créations sont par ailleurs en vente en ligne et dans plusieurs boutiques au Québec.

« Faire des bijoux, c'est 75 % de la construction, 25 % de la création. Si je peux, je vais en faire jusqu'à ce que mes mains ou mes yeux ne fonctionnent plus, parce que ce que j'aime le plus, c'est quand j'entre dans mon garage et que je m'assois sur mon banc. L'odeur du métal... Le temps s'arrête. Comme à l'École de joaillerie », affirmera noblement Julie à la fin de notre entretien.

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