Une histoire de Homelite

Firmin Fauteux est un collectionneur de Homelite. Il... (IMACOM, MAXIME PICARD)

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Firmin Fauteux est un collectionneur de Homelite. Il récupère tout ce qu'il peut. À la maison, il a une cinquantaine de scies mécaniques en bon état, une cinquantaine d'autres en morceaux, des cartons d'allumettes, des briquets, une pompe à eau... Chaque objet a son histoire.

IMACOM, MAXIME PICARD

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Christine Bureau

Des placards convertis en coffres-forts. Des boîtes, des valises et des rayons gorgés de trésors méthodiquement rangés, identifiés, annotés. Des salons et des garages aménagés en musées personnels. Les collectionneurs ne sont pas fous, mais ils sont certes passionnés...

Dans son garage de Saint-Malo, Firmin Fauteux a une cinquantaine de scies mécaniques accrochées au plafond. Toutes des Homelite, sa marque de prédilection. Et parmi sa collection se retrouve une perle rare.

« La plupart des gens n'ont jamais vu ça. Une scie de 1946! Elle fonctionne! On a coupé avec la semaine passée », me lance fièrement le mécanicien.

Non seulement cette scie Homelite est vieille, mais c'est une génératrice qui la fait fonctionner. C'est elle qui a été la plus difficile à trouver.

Si plusieurs de ses scies ont été achetées grâce au bouche-à-oreille ou sur Internet, c'est le coup de fil d'un ami qui l'a prévenu pour la génératrice : un généreux donateur l'avait laissé devant une porte de garage.

« Je me suis dit : ''Ce n'est pas vrai! Elle est tombée du ciel'' », lâche-t-il, encore soufflé par les circonstances.

La scie de 1946, elle, il l'a achetée, les yeux fermés.

« Est-ce qu'elle fonctionne, oui ou non? Ce n'est pas une question, c'est un coup de coeur! Je connais d'autres collectionneurs, mais qui n'ont pas de génératrice », souligne-t-il.

Lors d'expositions, c'est souvent cette pièce qui retient l'attention. La génératrice, oui, mais pas seulement ça. Firmin Fauteux prend un malin plaisir à parler de sa collection. Il a en poche plusieurs histoires, et avec ça, un don pour les raconter. C'est ce qui lui a déjà valu le prix du public lors d'expositions.

Il y a quelques années, il ignorait pourtant encore qu'il allait devenir un collectionneur.

« Je n'avais jamais pensé collectionner des scies à chaîne! Mais là, j'aime ça. Tu as quelque chose de rare, quelque chose que les gens n'ont jamais vu », soutient-il.

La question à 100 $

Chez lui, Firmin Fauteux a plusieurs de ces objets rares. Avec le temps, sa collection s'est élargie bien au-delà des scies à chaîne. Cartons d'allumettes identifiés Homelite, ouvre-lettres, briquets, jouets. Une cinquantaine d'autres scies à chaîne, celles-là en morceaux, qui ne fonctionnent pas.

Encore dernièrement : une pompe à eau Homelite, trouvée à Stanstead, qui a bien failli lui échapper (une autre histoire à raconter!) Et le collectionneur n'a pas l'intention d'arrêter.

« Je vais continuer tant que je serai capable de les accrocher dans mon garage », rigole-t-il.

La rare relève

Il n'a pourtant aucune relève prête à reprendre sa collection, un constat qui s'applique aussi à bien d'autres collectionneurs.

« Je fais partie du club Les collectionneurs passionnés de l'Estrie, mais on devrait plutôt s'appeler Les collectionneurs à tête blanche de l'Estrie, ironise-t-il. Les jeunes ne veulent rien savoir de ce qu'on a. Même dans les expositions, les visiteurs ne sont pas jeunes, jeunes! »

En attendant de trouver un autre passionné de Homelite, Firmin Fauteux se promet néanmoins de poursuivre sa collection, en plus de participer aux expositions de Compton et Sherbrooke, qui ont lieu à la fin de l'été.

Les expositions sont l'occasion pour les curieux de voir de leurs yeux son spécimen de 1946. Et l'occasion aussi de répondre à l'une des questions préférées du collectionneur. Si une corde de bois valait 1,50 $ à l'époque, combien valaient la scie Homelite et sa génératrice?

J'ai bien tenté une réponse, mais j'ai eu tout faux. Quand j'ai su le vrai prix, j'ai fait : « Iiiiiiih! » Un son qui l'a réjoui.

« Tu vois, c'est pour ça que je fais ça, pour entendre les Iiiiiiih des gens », conclut-il en riant.

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