Les arts et les affaires, deux solitudes?

Denis L. Blouin, avocat... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

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Denis L. Blouin, avocat

IMACOM, RENÉ MARQUIS

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Christine Bureau

Le monde des affaires semble a priori peu enclin à s'ouvrir à celui des arts (et vice versa). Et pourtant, un certain maillage existe entre les deux en Estrie.

« Les artistes sont assez méfiants des gens d'affaires en général et les gens d'affaires sont assez ignorants du monde artistique en principe. C'est une espèce de préjugé qu'on a parce que moi, à ma connaissance, beaucoup de gens d'affaires ont un intérêt direct envers le monde artistique, aux différentes facettes des arts », explique l'avocat Denis L. Blouin, du cabinet Therrien Couture.

Sans prétendre qu'ils sont tissés serrés, ce dernier affirme que ces deux mondes sont moins éloignés qu'ils le semblent. Il fait d'ailleurs partie de la Table de reconnaissance de l'apport des arts et de la culture, issue des États généraux du Conseil de la culture de l'Estrie, qui a pour but, entre autres, de les rapprocher.

« C'est une interface entre le monde artistique et le monde des affaires. Pour trouver non seulement une manière d'être en contact, mais aussi en appui au monde des artistes, et d'avoir une meilleure connaissance l'un de l'autre », soutient-il. La Table rassemble autant des élus municipaux que des représentants du monde culturel, communautaire ou de l'éducation. Les sujets y sont très diversifiés, note Denis L. Blouin, lui-même un ancien artiste.

Même si cette époque est révolue (ou presque!), l'avocat reste sensibilisé à la réalité des artistes. L'un des sujets discutés autour de la Table est notamment leur salaire. « Quand on invite un artiste à faire une manifestation, une performance quelconque, il faut être conscient qu'il est peut-être membre de l'Union des artistes ou que cette personne-là n'est peut-être pas là pour faire du bénévolat : il faut le payer! Si on paye des choses, pour jouer au golf, par exemple, il faut payer aussi pour un artiste. Il y a de l'éducation à faire. Et la table de la reconnaissance, les États généraux permettent ça. On comprend que ces gens-là ont besoin de vivre, et plus ils auront de la notoriété, mieux ils vivront », fait-il remarquer.

Chacune à leur manière, les entreprises de la région peuvent aussi choisir de s'impliquer auprès du monde artistique. Raymond Chabot Grand Thornton, par exemple, organise régulièrement des vernissages. Therrien Couture, de son côté, compte s'orienter vers la musique. « En tenant compte des locaux qu'on a, on réalise que c'est relativement facile de pouvoir installer des plateaux de musique, donc on est en train de monter ça, tranquillement, strictement pour mettre en valeur des artistes des arts vocaux », souligne Denis L. Blouin.

Comme il s'occupe du développement des affaires, il n'est pas rare qu'il décide de profiter du bouillonnement culturel d'ici pour inviter ou distribuer des billets à des clients. Et le grand avantage de l'Estrie? Son offre bilingue, un aspect à ne pas négliger en affaires.

« Ça se vend très bien. Il y a une clientèle aussi pour les spectacles. C'est tellement facile dans le développement des affaires d'amener quelqu'un dans une manifestation culturelle à Sherbrooke. Et on a les infrastructures dans la région qui permettent d'aller voie une série de spectacles. En affaires, d'est facile de partager des intérêts, des goûts. C'est facile de distribuer des billets et de partager des soirées avec des clients ou des potentiels clients », assure-t-il. Et dans ces moments-là, ce sont les deux mondes qui en profitent.

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