États généraux

Une révolution culturelle

Depuis 2011, Angèle Séguin s'est donné pour mission... (IMACOM, JOCELYN RIENDEAU)

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Depuis 2011, Angèle Séguin s'est donné pour mission de revitaliser le milieu culturel estrien par la mise en branle de vastes états généraux qui, jusqu'ici, ont mobilisé plus de 200 personnes sur le sujet.

IMACOM, JOCELYN RIENDEAU

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Noémie Verhoef

L'expression « états généraux » faisant habituellement référence à une convocation extraordinaire d'un gouvernement sur un sujet chaud, elle sous-entend un état d'urgence que l'on juge primordial de réguler. Louis XVI les convoqua en janvier 1789 et le résultat fut le déclenchement, bien malgré lui, de la célèbre Révolution française. En 2011, c'est une Révolution culturelle que souhaitait Angèle Séguin en plaidant pour la mise en place d'états généraux de la culture en Estrie. Tour d'horizon des batailles livrées à ce jour et de celles à venir.

C'est devant le conseil d'administration du Conseil des arts et de la culture de l'Estrie (CCE) que Mme Séguin se fit d'abord entendre. Son constat principal étant que les arts et la culture étaient dans une situation sinon périlleuse, à tout le moins précaire, il fallait à tout prix commencer à penser à des stratégies de revitalisation du milieu culturel estrien.

« Des acteurs du milieu artistique et culturel, tant au niveau international que national et régional, prenaient de plus en plus la parole pour exprimer leur désarroi devant le triste constat que leur contribution sociale était de moins en moins reconnue. Le principal objectif des états généraux se devait donc d'être de mettre en lumière l'apport important des arts et de la culture à la société, non pas seulement dans le but de pouvoir survivre, mais de pouvoir se développer de façon durable », fait valoir Angèle Séguin, auteure, metteure en scène et directrice artistique du Théâtre des Petites lanternes de Sherbrooke et maintenant principal porte-étendard du dossier des états généraux.

Financement

Dans une structure économique telle que la nôtre, qui dit « reconnaissance » dit nécessairement « financement ». C'est donc avec pour principale préoccupation le renouvèlement des stratégies de financement, tant public que privé, que la fervente défenseuse de la culture a ouvert le premier chantier des états généraux, en 2012.

« Nous avons rencontré les gens du milieu pour cerner clairement leur réalité sur le terrain et les besoins qui y sont directement liés, raconte Mme Séguin. Bien sûr, la question monétaire a beaucoup été mise de l'avant, les artistes souhaitent aussi pouvoir se perfectionner dans leur art et la diffuser régionalement et non pas seulement dans les grands centres comme Montréal ou Québec. Les artistes d'ici veulent d'abord et avant tout être connus et reconnus ici. »

Pour mieux pouvoir cerner les diverses stratégies possibles pour résoudre ces problèmes, différents acteurs importants de plusieurs domaines socioéconomiques furent ensuite consultés.

« J'ai été particulièrement surprise de l'écoute attentive de toutes ces personnes-ressources et de leur engagement personnel profond à la santé culturelle en Estrie. Lors de ce deuxième chantier, ces gens sont devenus d'importants piliers de nos stratégies de revitalisation », affirme l'artiste.

À ce jour, plusieurs liens ont été tissés entre le milieu artistique et les instances gouvernementales, municipales et divers autres acteurs économiques. Les enjeux ont été cernés, tournés de tous les côtés, exprimés et expliqués, et l'heure est au passage l'action.

Rendez-vous en janvier

« Plus de 200 personnes ont contribué, de près ou de loin, aux états généraux de la culture en Estrie depuis ses balbutiements en 2011. Il faut absolument souligner leur travail acharné - tout particulièrement celui du Conseil des Sages, de la Ville de Sherbrooke et du Conseil d'administration du CCE - qui sera bientôt couronné par le Forum sur les états généraux qui aura lieu le 12 janvier 2016 et qui permettra de penser aux stratégies concrètes de revitalisation du  milieu artistique. Nous avons beaucoup pensé aux enjeux, maintenant, l'heure est à l'action », laisse tomber Mme Séguin en guise de conclusion.

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