Lutter hier, aujourd'hui et demain

Normand Couture... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

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Normand Couture

IMACOM, RENÉ MARQUIS

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Marie-Claude Masse

Ils sont là, prêts à se porter à la défense de la veuve, de l'orphelin et des droits des plus démunis de notre curieuse société. Cette semaine, on aborde la défense des droits sous plusieurs aspects...

Normand Couture est le coordonnateur bien visible de l'Association des locataires de Sherbrooke. Homme profondément engagé, il se porte à la défense des droits des démunis et des minorités depuis de nombreuses années. Portrait de ce grand barbu sympathique, pour qui le combat n'est jamais fini.

Figure bien connue du milieu militant sherbrookois, Normand Couture donne l'impression d'appartenir depuis toujours à ce paysage. « Ça fait 35 ans que je suis à l'Association. Trois décennies et demie! » affirme en riant le principal intéressé. L'organisme, qui offre aux locataires ses services (information sur leurs droits et recours, soutien lors de conflits avec les propriétaires, aide à la recherche d'un logement) et lutte sans relâche pour le droit au logement, souffle cette année ses 36 bougies.

« La cause principale que je défends, c'est la justice sociale et l'équité sociale. C'est la raison pour laquelle j'ai continué à militer aussi longtemps par le truchement de l'Association des locataires, où on revendique le droit au logement et, plus largement, l'amélioration des conditions de vie des locataires dans une perspective globale», détaille le coordonnateur qui milite aussi dans plusieurs autres regroupements qui ont la tête et le coeur à gauche.

Comment a germé en vous ce fort sentiment de justice, vous entraînant à faire de votre engagement le point central de votre vie? « Je suis un peu comme Obélix. Je suis tombé dedans très jeune. Mon père était un syndicaliste engagé, ma mère aussi. Autour de la table, on entendait régulièrement parler de politique, de défense des droits des travailleurs et des travailleuses et des conditions de vie des gens à faible revenu. Déjà, à l'adolescence, on participait aux discussions. Mon engagement est donc une suite logique de ce que j'ai vécu durant mon enfance. »

Après tant d'années à lutter et à militer, et en regard du contexte politique actuel, on pourrait croire que Normand Couture est fatigué, voire désillusionné. Or il n'en est rien. « Je suis un éternel optimiste. Les politiciens c'est une chose, la population c'en est une autre. On se souvient du mouvement étudiant en 2012, où la population s'est soulevée. Ç'a été la même chose ensuite avec les infirmières et c'est encore ce qui se passe aujourd'hui en éducation, avec les mouvements de parents. C'est pas vrai que toute la population pense comme nos politiciens. »

Homme de terrain, M.Couture constate un changement dans la population. Selon lui, le discours serait de plus en plus unitaire. « Les gens commencent à ressentir les effets directs des compressions. On sent qu'ils ont un ras-le-bol et qu'ils souhaitent définir un nouveau projet de société. Il faut être proactifs et arrêter d'être seulement en réaction avec nos gouvernements. Dans les prochaines années, je suis persuadé qu'il va y avoir un soulèvement populaire. »

Chose certaine, le militant sera de la partie, et même au-delà. « Quand je vais être dans ma tombe, je pense que je vais réussir à soulever le couvercle avec mes pieds pour continuer à lutter! », assure-t-il avant d'éclater de rire.

C'est ce qu'on vous souhaite, Normand, mais pas avant au moins trois décennies et demie.

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