«Des fois, mon corps me lâche»

Stéphanie Roy est insomniaque depuis plus de trente... (IMACOM, JESSICA GARNEAU)

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Stéphanie Roy est insomniaque depuis plus de trente ans. Aujourd'hui, elle a appris à vivre avec cette maladie du sommeil et à contrer ses effets négatifs.

IMACOM, JESSICA GARNEAU

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Philippe Cadieux

« Depuis l'âge de cinq ans, je dors en moyenne trois heures par nuit », avoue Stéphanie Roy, qui souffre d'insomnie depuis plus de trente ans. Imaginez, trois décennies ou votre corps veut savourer la douceur des bras de Morphée, mais que votre esprit vous y empêche systématiquement. Eh bien, c'est la réalité de cette Sherbrookoise. Un combat sans relâche qui est devenu peu à peu un fardeau avec lequel elle doit vivre... et survivre quotidiennement.

D'entrée de jeu, Stéphanie a brisé cette idée préconçue habitant votre collaborateur préféré, que les insomniaques se promènent dans la nuit à philosopher sur les grands enjeux sociétaux en attendant patiemment l'aurore. L'insomnie, semble-t-il, est beaucoup moins poétique.

Lorsqu'on est affligé par cette maladie du sommeil (ou du non-sommeil), un geste qui semble anodin pour le commun des mortels peut s'avérer être un véritable cauchemar. « Évidemment, je n'ai pas beaucoup d'énergie. Par exemple, à certains moments de fatigue intense, aller au dépanneur peut représenter un défi de taille pour moi », explique Stéphanie.

Et dans ces moments de faiblesse, elle peut même se blesser. « Des fois, mon corps me lâche. Il n'est tout simplement plus fonctionnel. Je marche sur le trottoir et mes jambes se dérobent », ajoute-t-elle.

Relaxer son corps

Alors, pourquoi ne pas prendre quelques somnifères avant de se glisser sous les draps? « J'en ai pris pendant plusieurs années. Cependant, après quelque temps, on devient trop dépendant à la médicamentation et notre corps s'y habitue. Ce n'est malheureusement pas une solution à long terme ». Alors, qu'est-ce qu'on fait? « On apprend à relaxer son corps », clame la Sherbrookoise.

Selon cette dernière, on doit oublier les virées nocturnes et apprendre à rester bien au lit même si notre cerveau demeure

éveillé. « En fait, les jours de semaine, il est hors de question de sortir de la maison. Relaxer, c'est la seule façon de récupérer. Avec le temps, j'ai appris à vivre avec l'insomnie. Je suis maintenant capable de relaxer mon corps et mon esprit pendant la nuit, malgré quelques heures de sommeil », précise Stéphanie Roy, qui doit se lever tous les jours de la semaine pour travailler.

En effet, c'est peut-être difficile à imaginer, mais son manque flagrant de sommeil ne l'empêche pas de travailler. Chaque semaine, elle brave sa fatigue au nom de la passion. « Je ne laisse pas la fatigue prendre le dessus. Au fil du temps, je me suis trouvé des trucs pour combattre les effets de l'insomnie tels que mon déficit d'attention. »

Aujourd'hui, Stéphanie a accepté son insomnie. Pour elle, il n'y a aucun doute, elle va vivre avec cette maladie et ses effets pour le restant de ses jours. « Je ne regarde plus derrière. J'ai adapté ma vie en conséquence et je suis consciente que l'insomnie va toujours faire partie de ma vie »

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