L'entraide et la spiritualité comme leviers

« J'avais le goût d'en finir, par bout. Sans ça, je ne serais plus là... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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« J'avais le goût d'en finir, par bout. Sans ça, je ne serais plus là aujourd'hui. » Robert rit beaucoup. Au son de sa voix chaleureuse, on devine qu'il sourit. Avant d'être membre des Alcooliques anonymes, c'est un peu comme s'il avait été quelqu'un d'autre.

« Avec ma famille, ça n'allait plus bien... nulle part en fait. Je buvais, je faisais rien que ça. Quand je ne buvais pas au travail, je buvais ailleurs. Je buvais partout, tout le temps. (...) Quand c'est ce qui run ta vie, c'est difficile. »

À l'époque, il a conscience de son problème. Mais c'est la peur qui l'empêche d'aller chercher de l'aide. « J'avais peur d'arrêter, parce que je pensais qu'on m'enfermerait. J'ai arrêté tranquillement, mais j'ai fait beaucoup de meetings au début. »

Même s'il doit remonter le fil de ses souvenirs d'un quart de siècle, il se rappelle très bien ses premières rencontres chez les AA. « Quelqu'un me l'avait suggéré. Ça ne me tentait pas, mais j'y suis allé. J'ai appris à être mieux dans ma peau, 24 heures à la fois. Au début, je rushais, c'est sûr. »

« C'est des rencontres ouvertes ou fermées, explique Robert. Les rencontres ouvertes, n'importe qui peut y aller, alcoolique ou pas. Quelqu'un partage au groupe son rétablissement ou ses "déboires". Les meetings fermés, c'est juste pour des alcooliques. On prend un sujet et on en discute entre nous. »

Aujourd'hui, Robert ne boit plus. Pour lui, c'est l'entraide qui l'a « guéri » de sa forte dépendance. Mais il participe encore aux rencontres des Alcooliques anonymes de Sherbrooke, notamment pour redonner au suivant.

« Ça fait 26 ans, puis j'y vais encore. C'est important de parrainer les gens qui arrivent. On est là pour les aider, pour s'entraider. On est une gang d'hommes et de femmes qui partagent leur vécu pour s'en sortir. »

Une spiritualité importante

Les AA affichent leur spiritualité, mais ne sont pas un groupe religieux. Du moins, pas selon Robert. « C'est spirituel, point à la ligne. Y a pas de religion là-dedans. Tu prends une puissance supérieure à toi-même, qui peut être ce que tu veux. Pour commencer, ça peut être la force du groupe. »

Pour certains alcooliques qui en sont au début de leur cheminement, cet aspect des AA peut s'avérer difficile à comprendre. « Moi-même, j'étais enragé contre ça. Mais j'allais aux groupes et c'était ma force. Je me sers encore de cette puissance supérieure aujourd'hui. »

Quiconque a dû surmonter une dépendance aurait envie de féliciter Robert pour ses 26 années de sobriété. Mais il refuse les fleurs. « C'est pas un exploit pantoute. Y a des jours où ça brasse en dedans. J'ai besoin des AA pour continuer. La perfection, je ne l'atteindrai pas, comme personne d'ailleurs. Mais on peut s'améliorer. »

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