Choisir le bonheur

Michel Gaudreau n'a aucune honte de parler des... (IMACOM, FRÉDÉRIC CÔTÉ)

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Michel Gaudreau n'a aucune honte de parler des 40 années de consommation quotidienne qui l'auront éventuellement mené vers une vie saine, sans alcool.

IMACOM, FRÉDÉRIC CÔTÉ

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Noémie Verhoef

Lorsqu'il est entré en thérapie fermée pendant sept semaines au centre Corps Âme Esprit à Sherbrooke, Michel Gaudreau en avait assez que la bouteille le mène par le bout du nez. Trois ans de sobriété complète plus tard, il ne peut pas affirmer avoir gagné la guerre, mais il ne retournerait jamais en arrière.

« Un alcoolique restera toujours alcoolique. Tu ne peux pas guérir de ça, c'est en dedans de toi, répète M. Gaudreau pendant l'entrevue. Tel un mantra salvateur, ce constat, il se le remémore tous les jours.

« Ça a fait trois ans le premier août que je n'ai pas bu une goutte d'alcool. Mais le nombre de temps, ça veut rien dire. Chaque jour qui passe est une journée de gagnée, mais c'est toujours à recommencer le lendemain », poursuit-il.

Devenir un modèle

Il y a plusieurs éléments déclencheurs qui ont motivé la décision de M. Gaudreau de s'inscrire en thérapie fermée après près de 40 ans de consommation quotidienne d'alcool.

« Les relations avec ma famille étaient devenues difficiles, avoue notre battant. Je ne voyais plus mon frère et ma conjointe était vraiment tannée de me voir boire tout seul à tous les soirs. Ma mère a essayé plusieurs fois de m'aider, mais à ce moment-là je n'étais pas prêt. Elle est morte un an avant que je décide de devenir sobre. »

Toutefois, s'il y a un souvenir qui l'a marqué au fer rouge et qui a enclenché le processus de changement, c'est le jour où son fils Loïc, qui avait sept ans à l'époque, a vu passer un camion de livraison à l'effigie de Molson Dry s'exclamer : « Regarde maman, c'est le camion à papa! »

« Ça, ça a vraiment fessé fort. Je me suis rendu compte de quel genre de modèle j'étais pour mon fils. J'ai décidé que je ne voulais pas être ça », rapporte-t-il.

Changer pour soi

Même si le regard des autres, et particulièrement celui de son fils, a pu être un incitatif à déployer tous les efforts nécessaires à se sevrer de l'alcool, il n'en reste pas moins que Michel Gaudreau l'a fait pour lui d'abord et avant tout.

« Ce n'est pas le genre de décision que tu peux prendre pour quelqu'un d'autre, C'est tellement dur que si tu n'es pas convaincu que ta vie est meilleure sans alcool, c'est presque certain que tu ne tiendras pas le coup. »

Depuis le 1er août 2012, les efforts, il les met tous les jours. Et certains jours, c'est plus difficile que d'autres - surtout quand le contexte et l'ambiance font en sorte que la rechute serait d'autant plus facile.

« C'est sûr que quand je suis allé voir des courses de char et que tout le monde avait une Bud dans les mains, j'ai trouvé ça excessivement difficile, raconte M. Gaudreau. 90 000 personnes sur le party en même temps quand toi tu ne bois pas, c'est pas évident. Au moins, chez moi, ma conjointe ne boit pas et il n'y a jamais d'alcool dans la maison. Et maintenant, je me respecte assez pour être capable de m'en aller si jamais je suis inconfortable lorsque d'autres boivent de l'alcool. Je ne vais jamais empêcher personne de boire, mais je me donne le droit de ne pas rester là. »

S'il y a un conseil que donnerait M. Gaudreau à quiconque vivant avec un problème de dépendance, c'est celui d'aller chercher de l'aide via des organismes comme Alcooliques anonymes ou encore le centre Corps Âme Esprit. « Ça existe, du monde qui arrêtent de boire tout seuls, mais ils sont rares. Moi, je continue d'aller aux rencontres à tous les jeudis pour me grounder et ça me fait vraiment du bien. »

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