Deux retraites pour mieux continuer

Claude Courtemanche a déjà pris deux retraites, mais... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

Agrandir

Claude Courtemanche a déjà pris deux retraites, mais ne songe surtout pas à s'arrêter.

IMACOM, RENÉ MARQUIS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait propose un certain adage. Et bien, il s'adonne que plus souvent qu'autrement, la vieillesse sait, peut... et fait! Cette semaine dans La Nouvelle, portraits d'aînés dans l'action.

Après deux retraites et un retour sur le marché du travail, Claude Courtemanche a cessé de se projeter dans l'avenir, mais il ne veut pas s'arrêter pour autant. L'homme de 76 ans, chargé de cours depuis 2008 à l'Université du troisième âge (UTA), savoure plutôt le moment présent.

Son besoin viscéral d'agir remonte à loin. « J'ai toujours été hyperactif. En 5e et 6e année, je ne me suis jamais assis en classe : je restais debout et je bougeais, se rappelle Claude Courtemanche. Je me suis retrouvé plusieurs fois au conseil de discipline du Petit Séminaire. Pour m'encadrer, on me mettait responsable de tout, on m'occupait! »

Responsable de - presque - tout, Claude Courtemanche l'a aussi été au Cégep de Sherbrooke tellement il y a occupé de postes. « Je n'ai jamais eu de plan de carrière, mais je suis attentif aux événements. Même si je me sens insécure, que je me demande si j'ai les qualités requises pour un nouveau travail, je fonce! » D'ailleurs, une seule retraite n'a pas été suffisante pour le faire quitter cette institution qu'il a « tatouée » sur le coeur.

Dans un deuxième souffle, il accepte de dépanner le Cégep comme directeur du CA de la Fondation pour six mois. Il reste en poste cinq ans. « Les étudiants ont été ma vie », souligne-t-il avec émotion. C'est d'ailleurs à l'initiative de M. Courtemanche que la Fondation a organisé sa première campagne de financement.

À peine re-retraité, Claude Courtemanche est entraîné dans un nouveau projet par sa fille : une émission de radio père-fille à CFLX. Quant à son fils, il lui rappelle de prendre du temps pour écrire ses mémoires. Pendant trois ans, il replonge dans son passé foisonnant. « Je suis retourné dans tous les endroits où j'ai vécu, j'ai rencontré des gens et consulté des archives », explique-t-il.

Prêtre hors-normeNé à Montréal en 1939, Claude Courtemanche est devenu orphelin à six ans. « Ma tante s'est occupée de ma soeur et moi. Elle voulait que nous ayons la meilleure scolarité possible pour l'époque. Nous avons donc reçu une éducation religieuse très intense », évoque-t-il.

Cette éducation religieuse atteint son apogée alors que Claude Courtemanche est ordonné prêtre en 1966 - avant de défroquer deux ans plus tard. « J'étais rebelle, je faisais sauter les cadres, j'avais des façons de voir différentes », dit-il.

Aujourd'hui, Claude Courtemanche met à profit son passé de prêtre pour monter ses cours à l'UTA, dont Histoire du christianisme, Histoire des papes ou encore Une histoire du diable. Des succès monstres auprès de ses étudiants, avec qui il se plaît énormément à discuter. « J'aime me retrouver avec d'autres personnes pour échanger des savoirs. Mes étudiants viennent de tous horizons et c'est une richesse remarquable », souligne-t-il.

Claude Courtemanche se sent privilégié d'avoir encore l'énergie, la forme et la santé pour continuer d'entrer en relation avec les autres par l'enseignement. « Je suis conscient d'être vieux parce que je sens mon corps se transformer, mais dans ma tête, je n'ai pas l'âge que j'ai! »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer