Un marathon de diplômes

François Melançon.... (COLLABORATION SPÉCIALE)

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François Melançon.

COLLABORATION SPÉCIALE

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Noémie Verhoef

Avec ses boucles frivoles, son air décontracté et son souci constant du mot juste, François Melançon projette l'image de l'intellectuel qui s'accommoderait parfaitement d'une vie faite de livres, de discussions animées et du minimum requis pour survivre. Portrait d'un amoureux du savoir, un vrai.

En effet, à constater la masse de livres qui trônent dans ses (sept) bibliothèques, son esprit vif et sa facilité à communiquer, la description ci-dessus, peut-être un peu caricaturale, ne s'avère pas tellement loin de la réalité.

« Relativement tôt dans mon parcours universitaire, j'ai réalisé que j'avais un ardent désir d'enseigner. J'ai toujours été fasciné par l'épistémologie [la théorie de la connaissance] et je me suis tapé tous les maîtres à penser dans le domaine. Ça m'a toujours fait ramer, mais j'adorais ça » raconte M. Melançon, autant avec ses mots qu'avec ses mains.

Ses intérêts pour la connaissance, la méthodologie et l'enseignement mèneront d'abord François Melançon à compléter un DEC en sciences humaines avec mathématiques, puis un BAC et une maîtrise en histoire, pour finalement aboutir au doctorat en études françaises.

« Les choses se sont considérablement compliquées quand j'en suis arrivé au doctorat, de confier notre érudit. Je travaillais sur la Nouvelle-France et mon objectif était d'aller étudier en Europe. À l'instigation d'une professeure de l'Université Laval, j'ai dîné avec un chercheur de pointe sur l'histoire du livre. Après moult discussions, mon sujet ne l'intéressait pas tellement, mais il m'a mis en contact avec un de ses collègues. C'est comme ça que je me suis retrouvé inscrit au doctorat à La Sorbonne. »

La vie, la vie

Après avoir déménagé sa petite famille - son fils avait à peine un an et lui, 24 - de l'autre côté de l'Atlantique, François Melançon s'est attelé à la lourde tâche d'élucider la très sérieuse, mais peu documentée culture de l'écrit de la Nouvelle-France. Un projet d'envergure qui le passionnait, mais dont l'ampleur rendait difficile la rencontre de plusieurs échéanciers.

« De fil en aiguille, j'ai obtenu une bourse pour le postdoctorat, mais elle était évidemment conditionnelle au dépôt de mon doctorat. Ça m'a beaucoup mis de pression, j'ai stressé, et je n'ai pas été en mesure de finir à temps », poursuit-il.

Chassez le naturel...

« Un beau jour, Jacques Michon, un professeur du département d'Études françaises de l'Université de Sherbrooke, m'a approché pour que je finisse mon doctorat en reprenant une partie de ma thèse. Avec un peu de support financier, j'ai pu remettre le doigt dans l'engrenage et environ cinq ans plus tard, déposer ma thèse avec la reconnaissance du jury et une mention d'excellence pour la meilleure thèse en sciences humaines en 2007. Je suis vraiment heureux de l'avoir terminée; je pense que ça m'aurait hanté toute ma vie», laisse-t-il tomber en fin d'entretien.

À ce jour, François Melançon est coordonnateur de l'AGEPA, un organisme communautaire dans le domaine de l'éducation populaire. Un emploi qui lui permet indirectement de nourrir sa passion pour le savoir et sa transmission, même s'il n'a finalement pas fait carrière dans l'enseignement.

Toutefois, s'il y a une chose qui reste en tête après une discussion avec cet érudit de l'ombre, c'est que si tous les chemins ne mènent pas à Rome, le paysage à lui seul en vaut souvent le détour.

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