HYPERDIPLÔMÉS

Révolution éducationnelle

Selon un portrait de l'Institut de la statistique du Québec publié en 2014,... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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Selon un portrait de l'Institut de la statistique du Québec publié en 2014, environ 30 % des Québécois de 25-64 ans ont un diplôme universitaire en poche. Selon cette même étude, ce chiffre frôlerait les 50 % en y ajoutant les personnes ayant complété des études collégiales. Cette proportion a presque doublé depuis les années 1990.

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Le professeur Mario Laforest

Courtoisie UdeS

La tendance n'est pas nouvelle. Elle s'observe au Québec et partout dans le monde dès les années 1960, explique Mario Laforest, professeur titulaire au département de pédagogie de l'Université de Sherbrooke. « Dans le monde entier, dans les années 1960, on décide de démocratiser l'éducation. On est alors en présence d'un mouvement global. »

Pour le professeur Laforest, il faut se tourner vers l'URSS pour expliquer la hausse des personnes diplômées en Europe et en Amérique. « Il y a toutes sortes d'explications. L'une de celles-ci est le fait que les Russes ont envoyé le premier homme dans l'espace. L'Occident a réagi fortement pour augmenter la diplomation. »

Le Québec des années 1960, c'est la Révolution tranquille. Et le rapport Parent s'inscrit dans la mouvance d'un plus grand accès aux diplômes. « On sort de l'ère Duplessis, les gens ne sont pas scolarisés, on est en retard par rapport au reste du Canada. Mais la planète entière avait du rattrapage à faire », soutient M. Laforest.

Et aujourd'hui?

Plus ou moins cinquante années ont passé depuis la Révolution tranquille. Les diplômes se sont multipliés. Est-ce que nos cégeps et universités ont produit trop de diplômés, selon Mario Laforest?

« Si on parle en terme de nombres absolus de diplômés dans notre société, il n'y en aura jamais trop. Si on parle d'hyperdiplomation dans le sens où on allonge les formations et qu'on demande des diplômes plus exigeants pour exercer un métier, il faudrait procéder à des analyses plus fines. Par exemple, est-ce que les préposés aux soins dans les hôpitaux devraient avoir un bac? Ce genre de questions se pose. »

Plusieurs étudiants peuvent être sur les bancs d'école afin d'atteindre un meilleur salaire et ainsi améliorer leurs conditions de vie. Mais pour M. Laforest, une hyperdiplomation ne va pas de pair avec un niveau de consommation grandissant.

« Développer la pensée, développer les compétences et des outils pour réfléchir, ce n'est certainement pas surconsommer. »

Il reste toutefois prudent face à une certaine marchandisation du système d'éducation. « Ce n'est pas mauvais d'être en dialogue avec le marché du travail, mais ça devient un problème quand on ne fait que ça. Et nous ne sommes pas très loin de ce phénomène en ce moment. Les universités et les cégeps sont beaucoup administrés comme des entreprises qui doivent gérer des excédents pour pouvoir réussir à développer de nouvelles choses, alors qu'on est en restrictions budgétaires énormes. »

La situation serait un peu ironique puisque ces restrictions budgétaires vont à contre-courant du nombre de diplômés, qui ne cesse d'augmenter. Et justement, pour M. Laforest, la prochaine révolution en est une qualitative. « La révolution quantitative, on l'a réussi. La qualitative va demander des moyens. On ne peut pas faire plus avec moins. »

Source de l'étude : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/bulletins/coupdoeil-no30.pdf

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