La Petite Boite Noire renaît sur la rue Meadow

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Les amateurs de musique émergente pourront se retrouver dans l'intimité de la Petite Boite noire version 3 dans les nouveaux locaux de la rue Meadow, au 58, dans le même édifice que le Living Room (Loft 64) et le resto La Suite.

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Le centre-ville de Sherbrooke n'aura pas eu à supporter trop longtemps l'absence de la Petite Boite noire. Sept mois après l'incendie qui ravageait sur Wellington Sud l'immeuble où pouvait être entendu le meilleur de la nouvelle musique, la plus intime des salles de spectacles renaît rue Meadow, au 58, dans le même immeuble que le Living Room (Loft 64), la Commission des liqueurs et le resto La Suite. La soirée d'ouverture est prévue le 28 août en compagnie de We are Wolves.

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Murs rouges, plancher et bar de bois, ça sent l'intimité et les belles soirées de LPBN.

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Outre We are Wolves qui ouvrira le bal et la Boite le 28 août, on pourra entendre dans la nouvelle PBN les refrains de Dear Criminals, Ponctuation, Navet Confit, Charles-Antoine Gosselin, Les Deuxluxes, Folly & The Hunter, Beat Market, The Dears, Gael Faure, Saratoga, Alice et Elliot Maginot et Blood and Glass.

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Un portail donnant sur la rue Meadow et un autre sur le stationnement Webster mènent à la porte d'entrée, qui s'ouvre sur une authentique billetterie, comme le local sur Wellington Sud n'en comptait pas vraiment. Nouvelle Petite Boite noire: 1; ancienne Petite Boite noire: 0.À l'intérieur, des murs rouges et un plancher de bois franc installent en douceur une chaleureuse ambiance rustico-confortable. «On voulait que les gens se sentent comme dans leur salon.» Un grand bar, aussi en bois, découpe élégamment l'arrière de la pièce, située sous la terrasse arrière du Living. «L'intimité, c'est vraiment ce qu'on a à offrir de plus unique. On ne sent jamais aussi proche de l'artiste que chez nous. On a essayé de reproduire ça au Granada pendant quelques mois, et même avec toutes les chandelles du monde, ce n'était pas pareil.»

La nouvelle résidence de LPBN, plus spacieuse que la précédente, ne subira pas les pulsations de ses voisins, où les vrombissantes basses règnent, assure Philibert. «Je suis venu ici la nuit et on entend à peu près rien.» Le responsable de la programmation prévoit de toute façon devancer l'heure des concerts. On lui a parfois reproché des débuts de soirée un peu tardifs.

Un bref coup d'oeil au calendrier permet d'espérer la plus réjouissante saison de la brève histoire la Petite Boite noire, où retentiront cet automne les refrains de Dear Criminals, Ponctuation, Navet Confit, Charles-Antoine Gosselin, Les Deuxluxes, Folly & The Hunter, Beat Market, The Dears, Gael Faure, Saratoga, Alice et Elliot Maginot. Blood and Glass, projet pop théâtral de Lisa Moore dont la performance avait été interrompue par les flammes le 16 janvier au soir, devrait, si tout va bien, pouvoir jouer plus que deux chansons et quart, le 11 septembre.

La soirée de réouverture du 28 août est pour sa part l'affaire du magique-magique trio électro-rock-shamanique We Are Wolves. Philibert Bélanger entend présenter, comme c'était le cas auparavant, deux spectacles par semaine (vendredi et samedi), et accueillir le jeudi des soirées thématiques gratuites. Il ambitionne par ailleurs que la Petite Boite noire devienne le refuge des jeunes groupes sherbrookois, à qui somme toute peu de scènes professionnelles se présentent, hors des circuits métal.

Le feu de l'amour

On se souviendra que le 17 janvier au matin, face aux ruines couvertes de glace de l'immeuble qu'avait frappé pendant la nuit un fulgurant incendie, le moral des troupes n'était, comme de raison, pas exactement à son comble. Bien que certains membres de l'équipe de bénévoles de la Petite Boite noire se retroussaient déjà les manches, d'autres doutaient de l'énergie qu'ils sauraient trouver en eux pour tout recommencer, à nouveau. Née officieusement dans le loft de Jacques-Philippe Lemieux-Leblanc sur la rue Albert en 2010, la plus intime des salles de spectacles sherbrookoises avait dû déménager sur Wellington Sud en novembre 2012.

«La première étincelle, c'est notre conseil d'administration qui l'a allumée. C'est eux qui nous ont fait comprendre qu'on n'avait pas le choix de continuer», se souvient Philibert Bélanger. Le coordonnateur et directeur artistique de l'organisme sans but lucratif ne semble pas du tout mesurer à quel point le vocabulaire qu'il emploie est connoté. C'est dire à quel point le feu, dans sa tête et dans son coeur, appartient au passé. «Il n'y a pas personne dans notre c.a. qui a osé dire au cours de la première réunion après l'incendie: "Est-ce qu'on arrête?" La question que tout le monde posait, c'était: "Qu'est-ce qu'on fait pour repartir ça?"

Ce qu'ils ont fait? Ils ont mis en ligne une campagne de sociofinancement, qui atteindra la barre des 5000$. Ils ont fait migrer au Granada quelques-uns des spectacles orphelins déjà inscrits à leur programmation, afin que l'âme de LPBN ne tombe pas en dormance. Ils ont, surtout, organisé le 27 février un grand spectacle-bénéfice. Quelques 600 personnes qui se pointent au Granada pour qu'une petite salle ne comptant jadis pas plus de 125 places ressuscite, c'était quelque chose à voir.

«Au-delà de l'argent qu'on a ramassé [environ 10 000$], on a reçu cet enthousiasme-là comme une grosse dose d'amour. Les témoignages sont venus de partout.» À Saint-Hyacinthe, le bar Le Zaricot a pendant un moment redirigé 10% de ses ventes de bière en fût vers Sherbrooke, élan de solidarité purement spontané. L'indemnisation de sa compagnie d'assurances permettrait à l'équipe de LPBN d'ajouter 20 000$ à son fonds de relance.

«Soudainement, on avait les moyens de rêver.» Allô, l'ironie du sort. «Oui, c'est ironique mais on a eu la sagesse de recevoir tout ça comme une félicité.»

«Viens, faut que je te montre la sortie de secours, elle est vraiment belle», insiste Jacques-Philippe avant de conclure sa visite guidée. Prions le bon Dieu de la bonne musique pour que, tout aussi belle soit-elle, nous n'ayons jamais à l'emprunter.

À retenir

Soirée de réouverture avec We Are Wolves

Vendredi 28 août dès 19h

La Petite Boite noire (58, rue Meadow)

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