Relations de proximité

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Peu importe où on installe son nid, on trouvera tout près des voisins avec lesquels on devra cohabiter.

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Nora T. Lamontagne

Ça y est, le grand déménagement est complété, les nouveaux voisins se sont installés, ou peut-être les anciens se sont enracinés. Ou peut-être avez-vous vous-même changé de quartier. Peu importe, il faut cohabiter...

Lucie Mandeville est professeure de psychologie positive.... (Photo Sofia Villeneuve) - image 1.0

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Lucie Mandeville est professeure de psychologie positive.

Photo Sofia Villeneuve

Qui prend maison prend... voisins par la même occasion. Lucie Mandeville, professeure de psychologie positive, explique comment apprivoiser l'autre quand notre point commun est un numéro civique subséquent.

Qu'on habite la ville ou la banlieue, nous sommes tous le voisin de quelqu'un. Cet « autre » qui vit à côté, on ne l'a pas choisi, mais il fait malgré tout partie de notre quotidien. Et pourtant, combien peuvent se targuer, aujourd'hui, d'entretenir des relations cordiales avec l'occupant de la maison d'à côté?

« Quand on est tout près, on a besoin d'une distance, donc on se la crée. On va devenir plus anonyme, on fera comme si l'autre était loin alors qu'il est tout proche. C'est comme si on créait des frontières avec notre terrain, ou avec nos murs quand on est en appartement », illustre Lucie Mandeville pour expliquer le peu de curiosité envers nos voisins immédiats.

« C'est étrange, parce qu'il s'agit d'une proximité qui n'est pas génétique. »

C'est dire qu'on ne choisit pas sa famille, mais encore moins ses voisins.

Cette propension à se couper de relations qui étaient autrefois naturelles provoque une certaine désintégration du tissu social. « La détresse sociale se vit à travers cette distance-là. On devient des étrangers qui vivent les uns à côté des autres », déplore Mme Mandeville.

La situation n'est pas pour autant irrémédiable : il existe de nombreuses façons d'entrer en contact avec son voisinage, pour peu que la bonne volonté soit au rendez-vous.

« Il faut dépasser ces frontières qui sont virtuelles », insiste-t-elle. En cette période de déménagement national, il est facile de se servir du prétexte de l'arrivée d'un nouvel occupant pour l'accueillir dans le quartier, avec un petit cadeau de bienvenue par exemple.

« J'habite dans le Chéribourg, à Orford, dit Mme Mandeville. Quand on est arrivés, systématiquement les voisins sont venus cogner à la porte et nous dire bonjour. Je trouve ça charmant, ça n'engage à rien. Ces petits gestes-là sont importants. »

Une évolution naturelle

L'experte en psychologie positive explique notre tendance à la négativité en partie par l'évolution naturelle. « Physiologiquement, on est plus alertes à la menace, donc on se posera la question : en quoi notre voisin va nous menacer? »

Pour renverser ce paradigme, il suffit d'être plus attentifs aux petits détails : le voisin qui fait jouer sa musique trop fort est peut-être le même que celui qui a gentiment accepté d'arroser vos plantes pendant les vacances.

Paranoïaque?

Et puis, une bonne dose d'humilité ne fait pas de mal dans l'interprétation d'une situation donnée. Exemple? « Si notre voisin passe la tondeuse à 9 h le matin, on aura tendance à penser que c'est dirigé contre nous. Comme si on oubliait que le voisin a d'autres choses à faire dans la journée, et que peut-être il a même attendu jusqu'à 9 h. On est un peu paranoïaques! » s'exclame Lucie Mandeville, avec un sourire.

Sans nécessairement devenir meilleurs amis avec ses voisins, il est néanmoins possible d'entretenir sans trop d'effort une relation amiable. Après tout, on ne sait jamais quand on aura besoin d'un petit service!

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