Jumelles informelles

Marie-Claude Masse et sa soeur, que leur mère...

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Marie-Claude Masse et sa soeur, que leur mère se plaisait à habiller de manière très semblable.

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Marie-Claude Masse

Forcément, j'imagine que, comme la plupart des enfants, je ressentais une certaine excitation à la fin des classes, mais je n'en garde aucun souvenir, autrement celui de sentir sur ma peau le vent chaud de juin, alors que je rentre de l'école à pied.

Le mois d'août, par contre, me rendait passablement heureuse, car il signifiait le retour du magasinage chez Croteau, activité durant laquelle ma mère se plaisait à nous habiller, ma soeur et moi, de manière très semblable, malgré notre différence d'âge. Je n'ai jamais compris pourquoi elle faisait cela, si ce n'est que ma grand-mère confectionnait des vêtements identiques au couple de jumelles que formaient ma mère et ma tante.

Je ne crois pas avoir déjà pleuré à la fin d'une année scolaire. L'école n'était pas une affaire très sentimentale pour moi. À preuve, je ne me rappelle pas du tout ma dernière journée du secondaire, une étape soi-disant marquante dans la vie des adolescents.

C'est moi qui choisissais mes vêtements pour les photos - des robes pour la plupart du temps, car à l'époque, elles étaient réservées pour les occasions spéciales. Un souvenir horrible - relié au sentiment de honte - est celui de ma photo de maternelle. Ma mère (j'aimerais dire «mes parents», mais c'est ma mère qui s'occupait de ces tâches) avait oublié que c'était le jour de la prise de photo, et je porte un affreux ensemble de jogging turquoise, alors que toutes mes amies arborent fièrement leurs plus belles robes, leurs plus belles chaussures et leurs magnifiques coiffures, ornées de rubans.

En sixième année, nous avions fait une sortie spéciale pour souligner la fin de l'école primaire et l'entrée au secondaire. Je crois que l'intention était de ritualiser cette étape et de nous rendre fiers, mais la seule chose dont je me souviens, c'est d'avoir été ridiculisée par mon professeur qui offrait un bien-cuit à chacun de ses élèves. Entendons-nous : ce n'était pas méchant, c'était même un peu drôle... mais je me rappelle avoir éprouvé un malaise et une certaine gêne d'être moi.

J'ai grandi dans un village un peu triste, où il n'y avait aucun plan d'eau. Petite, je ne manquais de rien, car je pouvais, avec mes amies, explorer la nature, faire des escapades dans les champs de maïs et visiter des granges abandonnées. J'étais passablement libre et je m'amusais beaucoup avec mes cousines, avec qui j'ai fait les cent coups. C'est à l'adolescence que l'ennui s'est immiscé et où j'ai tenté de l'éviter par toutes sortes de moyens.

Je crois que c'est lorsque nous allions à Plattsburgh et que nous passions la journée à la plage; j'avais alors l'impression de me trouver au bord de la mer. Ou, encore, ces rares occasions où nous nous réunissions au chalet de l'oncle de mon père, à Sainte-Barbe, sur le bord du lac Saint-François. Face à cette étendue d'eau, je ressentais un grand bien-être.

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