Éboulements et champs

Nora T. Lamontagne...

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Nora T. Lamontagne

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Nora T. Lamontagne

L'année scolaire se termine le 23 juin, si on a eu toutes les tempêtes de neige prévues au calendrier. Le solstice d'été est tout juste passé, les petites fraises des champs sont presque prêtes, et c'est la Saint-Jean le lendemain. Pourtant, ce n'est que des années plus tard que j'ai réalisé à quel point la fin de l'année scolaire était, pour moi, intimement liée au rythme des saisons, à l'arrivée de la chaleur qui fait enfin irradier l'asphalte.

Je me souviens d'une fin de session déprimante au cégep, dans la pluie de milieu mai. Ou pire, d'une période d'examen à la fin avril, une fois rendue à l'université. Vraiment, c'est comme ça que ça se finissait? Choquant.

L'apothéose de la fin d'une année scolaire ne peut être pleinement vécue que si les récréations à l'extérieur s'allongent au risque d'égaler le temps passé en classe, que si on a les genoux tachés de gazon, que si on offre du lilas à nos enseignantes. Force est de constater que cette époque est révolue.

Mes grands-parents maternels avaient une maison aux Éboulements, dans Charlevoix. Cinq chambres, un solarium et des kilomètres de champ jusqu'au fleuve. La semaine aux Éboulements pendant les vacances est devenue un classique entre cousins et grands-parents. Ça a créé toute une complicité intergénérationnelle. Loin de l'autorité parentale, la vaisselle n'était plus aussi contraignante et les journées s'écoulaient à un autre tempo.

Le matin, la brume et les pieds mouillés la seconde où on sortait aller chercher le journal chez Robin (au dépanneur du coin). L'après-midi, une randonnée jusqu'en haut de la montagne à paranoïer des ours, à ne croiser qu'un porc-épic de temps en temps. Le soir, des parties enlevantes de Bonanza ou de Cribbage (un jeu que je recommande à n'importe qui souhaitant apprendre aux enfants à compter rapidement jusqu'à 31). Le reste du temps, une torpeur propre aux vacances à la campagne, que je tente de retrouver encore aujourd'hui, et que je peine à oublier.

Les avantages estivaux d'une banlieusarde adolescente? La piscine, même à 60 degrés Fahrenheit. Le vélo sur des rues de trois voies de large, parfaitement asphaltées et sans circulation. Les Mister Freeze sur terrasse plus grande qu'un balcon. La fraîcheur d'un sous-sol. Les plates-bandes qui fleurissent. Presque l'arrachage de pissenlit.

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