Prendre le temps de s'écouter

Robert Gagné, directeur par intérim de la Maison... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

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Robert Gagné, directeur par intérim de la Maison des grands-parents de Sherbrooke, croit que le fossé entre générations est une fausse perception.

IMACOM, RENÉ MARQUIS

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À la Maison des grands-parents, c'est exactement comme chez grand-maman : on repart toujours avec le ventre - et le coeur - bien rempli. Dans ce lieu privilégié de rencontres intergénérationnelles, enfants, adolescents, adultes et aînés prennent le temps de s'écouter.

Mission première de la Maison des grands-parents de Sherbrooke, le volet intergénérationnel permet aux aînés de tout âge de se garder actifs et en santé, de rompre leur isolement et de se sentir utiles. Quant aux jeunes, ils y trouvent plaisir, affection et soutien à travers les différentes activités.

Les lundis, mardis et mercredis en fin d'après-midi, une dizaine d'enfants des écoles avoisinantes viennent cuisiner ou bricoler; des ados et des grands-parents montent ensemble une pièce de théâtre; des aînés font la lecture aux enfants à l'école ou correspondent en français avec de jeunes anglophones et des élèves en classe d'accueil...

« Pour nous, tout est prétexte à des rencontres : on est là pour discuter, partager, comprendre les autres et se faire comprendre », souligne Robert Gagné, directeur par intérim de la Maison des grands-parents.

Ces rencontres permettent aussi aux aînés de transmettre leur vécu, compétences et savoir-faire aux plus jeunes. « Avec toute notre expérience de vie, on a appris comment faire beaucoup avec peu : un collier avec une ficelle, un bracelet avec un morceau de cuir, une décoration avec une boîte de conserve... » énumère M. Gagné. Sans oublier le « chaudoudou », un pompon de laine pour se rappeler ceux qui nous aiment dans les moments de tristesse.

Une complicité gratifiante

Après un an à la barre de la Maison, Robert Gagné avoue avoir été surpris de constater à quel point les grands-parents apprennent à connaître les enfants dans les moindres détails de leur personnalité. « Au fil des activités, ils me décrivaient les enfants comme s'ils avaient passé l'année avec eux dans une classe. Une belle complicité s'installe. Elle est aussi gratifiante pour les grands-parents que pour les enfants », soutient-il.

Mais malgré le nombre grandissant d'aînés dans la société, beaucoup d'enfants n'entretiennent pas de relation avec leurs propres grands-parents, déplore M. Gagné. « Nos grands-parents québécois sont distants, trop loin ou non significatifs. La relation des grands-parents est importante, car elle n'est pas disciplinaire, c'est surtout une relation de gâteries... »

Et le fameux « fossé entre les générations »? Fausse perception, selon Robert Gagné. « On se rapproche facilement des jeunes quand on prend le temps de les écouter. C'est très important pour eux, souligne M. Gagné. Prendre le temps permet aussi de voir que le respect, l'affection, l'écoute et l'égalité restent des valeurs centrales dans toutes les générations et toutes les cultures. »

Située dans un quartier multiethnique, la Maison des grands-parents permet aussi des rencontres interculturelles. Mais entre une grand-maman québécoise ou une grand-maman philippine, il n'y a pas beaucoup de différences : affection, tendresse et écoute sont toujours au rendez-vous!

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