SOINS PALLIATIFS

Préparer son départ

La docteure Chantal Doyon estime que la sécurité... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

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La docteure Chantal Doyon estime que la sécurité que les gens ressentent à la Maison Aube-Lumière est son meilleur médicament lorsqu'il est temps d'accompagner les patients vers la mort.

IMACOM, RENÉ MARQUIS

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Nora T. Lamontagne

Bien qu'on n'en connaisse ni l'heure, ni le lieu, ni les circonstances, notre mort doit être planifiée, dans une certaine mesure. Cette préparation implique des formulaires, un testament mais aussi des conversations difficiles et une grande lucidité.

Quand elle rencontre ses patients pour la première fois, la docteure Chantal Doyon leur pose une question : « Qu'est-ce que vous ressentez? » Équipée de mouchoirs, elle prend le temps d'écouter leurs craintes au sujet de la mort qui s'approche tranquillement de leur chambre à l'Aube-Lumière, une maison de soins palliatifs.

Ces conversations font partie du quotidien de la docteure Doyon, qui cumule le rôle de médecin et de conseillère des derniers jours. « J'ai la chance d'accompagner les gens dans un moment unique de leur vie. On n'a pas deux chances pour bien mourir », dit-elle pour justifier son dévouement.

Accompagner

Les patients qui arrivent à l'Aube-Lumière sont conscients que ce déménagement sera leur dernier. Cependant, tous ne sont pas parvenus au même niveau d'acceptation de cette réalité : le diagnostic de cancer est peut-être tombé il y a quelques années comme quelques semaines plus tôt seulement. La démarche n'est pas la même selon la situation. Dans tous les cas, la docteure Doyon se fait un devoir de travailler dans la vérité quand vient de temps d'aborder les dernières volontés. « C'est très important. J'encourage les gens à régler les choses qui ne sont pas réglées. À nommer les choses qu'ils ressentent, les merci, les je t'aime. Il y a une gêne à aborder la mort, mais les patients et les familles ont besoin d'en parler. Quand on brise la glace, les patients sont souvent soulagés. »

La Maison Aube-Lumière propose un accompagnement pour mourir le plus sereinement possible, dans un espace paisible. Tout est mis en place par une équipe spécialisée en soins palliatifs pour assurer le confort. « La sécurité que les gens ressentent ici, c'est mon meilleur médicament », insiste Dre Doyon.

Il y a les sentiments d'un côté, et les détails techniques de l'autre : certains documents se doivent d'être complétés avant le décès. « Avec le cancer, on a la chance de savoir que notre mort arrive. Pourtant, je suis encore étonnée de voir des gens qui n'ont aucun papier de préparé et qui vont placer leurs proches dans des situations parfois difficiles », témoigne la docteure. D'avoir réglé ces détails avant sa mort constitue l'un des meilleurs cadeaux posthumes possibles.

... et rassurer

« Mes patients me disent parfois ''J'ai pas si peur de la mort, je me demande bien ce qu'il y a de l'autre côté, mais j'ai peur de comment je vais m'y rendre.'' ». Souvent les gens ont peur de mourir dans la douleur ou de mourir étouffés. La spécialiste en soins palliatifs se fait rassurante : elle rappelle qu'en 2015, il n'y a pas de raison pour que quelqu'un meure dans la douleur.

« Je dis que les docteurs, nous sommes assez mauvais pour prédire. Je parle très peu du quand. Ce qui m'intéresse, c'est leur comment », explique la Dre Doyon. Ce comment inclut autant le confort physique que mental du patient et de ses proches. La docteure l'admet : la préparation qui précède le départ du malade n'est « ni confortable, ni facile ».

Mais elle est ô combien nécessaire.

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