L'ARBITRE

Choisir d'être souffre-douleur

Malgré les insultes, Jean-Philippe Séguin adore son rôle... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

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Malgré les insultes, Jean-Philippe Séguin adore son rôle d'arbitre à l'Académie de lutte estrienne.

IMACOM, RENÉ MARQUIS

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L'arbitre? Il tourne toujours le dos au « bon » moment...

« Les arbitres ont un rôle un peu ingrat : ils prennent toujours de mauvaises décisions. Ils se font crier des noms : "Arbitre pourri! Vendu! Va laver tes lunettes!" La plupart du temps, ils sont les souffre-douleur », explique - tout sourire - Jean-Philippe Séguin, arbitre pour l'Académie de lutte estrienne.

Les insultes, ce passionné de lutte ne s'en préoccupe pas outre mesure : « On se fait une carapace. » Même s'il se fait parfois lancer des insultes en pleine rue, il comprend que certains amateurs très fervents amalgament le personnage et la personne. « Je suis persuadé qu'un acteur qui joue un méchant se fait aussi écoeurer dans la rue. Les gens ne s'en prennent pas à l'acteur, mais au personnage », relativise-t-il.

Pour Jean-Philippe Séguin, le rôle d'arbitre présente surtout des avantages. Comme des problèmes au dos et au cou l'empêchent de lutter, il a trouvé un autre moyen de faire partie intégrante de l'action.

« Mon travail d'arbitre me permet d'ajouter de la crédibilité au combat », ajoute-t-il. Même si les duels sont scénarisés, leur issue doit rester difficile à deviner pour garder la foule en haleine. « Par exemple, si un lutteur essaie de remporter le combat au tout début du match, l'arbitre doit réagir comme si c'était vraiment la fin, même s'il sait exactement combien de temps il doit durer. Sinon, les spectateurs vont se douter de quelque chose », explique-t-il.

Durant une prise « douloureuse », les expressions faciales de l'arbitre attisent aussi les émotions de la foule. Les gens se disent : « Ça vient vraiment de faire mal ce coup-là, même l'arbitre réagit! »

Du faux au vrai

Si l'arbitre fait respecter les règles « dans la mesure du possible » (les briser fait parfois partie du scénario), il devient parfois un « véritable » arbitre, question de sécurité.

« Si un accident arrive, j'interviens tout de suite. Tout dépendant de la gravité, je vais aller voir les lutteurs pour leur dire de prendre leur temps, de laisser l'autre reprendre son souffle », indique Jean-Philippe Séguin.

Ainsi, l'arbitre peut contrôler le scénario selon les imprévus... ou avoir à ramener les lutteurs vers le scénario.

« Dans un cas rare et extrême, si les gars décident de se battre pour vrai, l'arbitre intervient pour éviter que ça dégénère. Le combat peut aussi se dérouler à l'extérieur du ring. L'arbitre suit les lutteurs dans la foule pour éviter les débordements. La sécurité est très importante : les fans ne doivent pas être mêlés à l'action », signale l'arbitre.

Entre les bons et les méchants, les arbitres ont-ils un parti pris? « Personnellement, je n'en ai pas, mais ça s'est déjà vu dans l'histoire. Par exemple, un arbitre qui fait gagner les méchants devient méchant par défaut. À l'Académie, on essaie le plus possible de laisser l'arbitre neutre », soutient Jean-Philippe Séguin.

Mais les enveloppes brunes circulent aussi sur le ring...

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