Ces espaces de création

Lorsque vient le temps d'écrire, chaque auteur a... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

Agrandir

Lorsque vient le temps d'écrire, chaque auteur a ses habitudes. Pour July Giguère, il s'agit de préserver sa bulle sans se couper du monde, et elle opte ainsi pour des endroits publics, que ce soit un café ou la bibliothèque.

IMACOM, RENÉ MARQUIS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Camélia Handfield

Les auteurs travaillent avec leur tête. Leur tête les suivant (ou les précédant) partout, ils peuvent en principe écrire là où ils le souhaitent. Et pourtant, la phrase valable sait se faire capricieuse et réclamer des aménagements particuliers. Quelques écrivains racontent les endroits où ils réussissent à optimiser leur créativité pour minimiser la souffrance de la tête vide.

July Giguère

Son recueil de poésie Rouge presque noire, favorablement reçu par la critique, lui avait valu le Grand Prix du livre 2010 de la Ville de Sherbrooke.

Cinq ans plus tard, avec un projet de roman en ébullition, July Giguère suit son rituel de rédaction avec assiduité. Ce qu'elle trouve, quand elle se rend au café Van Houtte et s'attable devant une tasse, puis près d'une fenêtre à la bibliothèque municipale, ce sont des repères, un sentiment de sécurité.

« Quand j'écris, rien n'est décidé d'avance, je ne sais pas ce que je vais écrire, dit-elle. J'aime les lieux publics parce que je peux préserver ma bulle sans être coupée du monde. Et au Van Houtte comme à la bibliothèque, il y a de grandes fenêtres. C'est comme si je restais dans un entre-deux : seule mais dans la vie, dehors, mais en dedans. »

Mylène Gilbert-Dumas

Les titres de ses romans laissent deviner son intérêt pour les lieux et l'ailleurs : Détours sur la route de Compostelle, Les deux saisons du Faubourg, Yukonnaise, Lili Klondike... Dans son dernier-né, Une deuxième vie, Mylène Gilbert-Dumas retourne aux territoires du Yukon à la rencontre de personnages libérés dans l'isolement.

L'auteure sherbrookoise puise son inspiration à la source de ses voyages, mais regagne ses pénates quand vient le temps d'écrire. Son antidote à la solitude consiste en de longues gorgées de London fog savourées au café de quartier le Tassé.

« J'y vais pour lire, réécrire, prendre des notes dans un carnet, confie-t-elle. Me laisser inspirer par le calme de l'endroit, par sa faune aussi, un mélange d'étudiants, d'artistes, de travailleurs en pause et de travailleurs autonomes qui cherchent, comme moi, un moment hors de leur bureau. »

William S. Messier

Le nouvellier et romancier s'est jusqu'ici plu à mettre en scène le territoire estrien, comme dans son recueil Townships qui sortira bientôt en format poche avec une préface du cinéaste et musicien Stéphane Lafleur.

William S. Messier ne connaît cependant pas pour l'inspiration de lieu fétiche. C'est plutôt son train de vie de jeune père et de doctorant en littérature qui influencent présentement son travail de création.

« Là, j'ai plus l'énergie pour des textes courts, écrits de manière spontanée, raconte-t-il. J'essaie de me laisser le moins de contraintes possible. Certains ont besoin d'un café, de tel type de musique, d'être assis à tel endroit ou d'écrire seulement la nuit faute de quoi l'inspiration ne viendrait pas. Je pense que l'idéal de tout écrivain c'est d'arriver à être constant et cohérent sur la page peu importe les conditions d'écriture. »

Mikella Nicol

À peine jeune vingtenaire que les critiques l'ont déjà comparée à Anne Hébert, et à maintes reprises. Les filles bleues de l'été, premier roman de Mikella Nicol, s'est imposé à son auteure qui l'a écrit en quelques mois, sans le planifier.

« J'ai entamé un nouveau projet que j'aime beaucoup, mais qui me demande plus de réflexion », annonce-t-elle. Et pour s'y mettre, l'écrivaine s'aménage un espace bien à elle. « J'aime écrire en écoutant certains disques, qui me mettent dans une ambiance de création très personnelle : des artistes comme Cat Power, Nick Drake, Leonard Cohen... Je privilégie écrire à la maison, pour pouvoir prendre des pauses souvent. »

Et le processus de création déborde du cadre qu'on lui détermine. « Certaines phrases fortes me viennent en tête lorsque je marche ou prends le métro, et m'empresse d'aller les noter ensuite. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer