MANIFESTE POUR UN ÉLAN GLOBAL

Main dans la main vers le progrès

La Marche action climat, organisée par Équiterre (le... (Photo Le Soleil, Érick Labbé)

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La Marche action climat, organisée par Équiterre (le porte-parole Steven Guilbeault sur la photo), a réuni à Québec des milliers de personnes appelant à un changement sociétal en faveur de la protection de l'environnement. Les auteurs du Manifeste pour un élan global espèrent aussi rallier la population à leurs idées.

Photo Le Soleil, Érick Labbé

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Ils se présentent comme des « objecteurs de conscience », déterminés à lutter contre l'« invasion » du pétrole sur le territoire Québécois. Ils ont lancé le 7 avril dernier le Manifeste pour un élan global, qu'ils sont huit à avoir écrit. Sauf qu'ils n'entendent pas le garder jalousement entre leurs mains, ce manifeste. Au contraire. Plus de 200 citoyens de tous les horizons avaient déjà apposé leur signature au bas du manifeste, le jour de sa sortie. Les objecteurs de conscience espèrent en obtenir 100 000 d'ici la conférence de Paris sur le climat à la fin 2015.

Ils avouent eux-mêmes que le manifeste « se veut radical par ses idées » en appelant à une véritable rupture avec l'énergie pétrolière. La seule option qui se dresse selon eux devant cette « noirceur nouvelle » qui se répand sur le Québec.

Ce monde nouveau, ils souhaitent le bâtir sur de nouvelles assises. Des fondations plus vertes et durables. Le Québec a le potentiel de devenir un exemple pour le reste du monde, plaident-ils. Sinon, ce sont les générations futures qui en paieront le prix. « Devant l'urgence, nous inscrivons notre dissidence », écrivent-ils.

Ils « exigent » ainsi l'arrêt de tout transport de pétrole sur le territoire québécois, la fin des projets d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures, l'adoption d'un plan crédible pour réduire notre consommation de pétrole de 50 % d'ici 2030 et le désinvestissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec du secteur des combustibles fossiles.

La Caisse n'a pas souhaité commenter à la suite de la publication du manifeste.

Ce n'est pas le cas du monde des affaires. La présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, a conseillé « aux poètes de peut-être considérer des déménagements en Pennsylvanie ou au Utah ». « Je pense qu'ils y seront plus heureux parce que là, c'est une vie avec calèches et chandelles », a-t-elle déclaré dans un quotidien montréalais.

« On a l'hydroélectricité, c'est vrai, mais avant qu'on abandonne complètement 14 milliards $ de pétrole, qu'on utilise ici comme Québécois, il faudrait être des amish ou des quakers », a-t-elle poursuivi.

Les deux économistes de l'Institut économique de Montréal (IEDM) et auteurs de Peut-on se débarrasser du pétrole? Les coûts d'une transition énergétique accélérée, Youri Chassin et Germain Belzile, ont eux aussi répliqué aux signataires du manifeste. « Sans carburant, pas d'élan », résument-ils.

Selon eux, il y a dans le Manifeste pour un élan global une violation de la démocratie. « Convaincre, oui. Contraindre, non! » lancent-ils. Si 78 % des Québécois sont d'avis que les changements climatiques sont un enjeu majeur, peu sont prêts (12 %) à payer pour arriver à réduire leur dépendance au pétrole. Or, l'IEDM estime qu'il en coûterait entre 1500 $ et 2000 $ pour réduire de 25 % leur consommation de pétrole. « Les propositions du manifeste s'apparentent à un grand bond en arrière qui nuirait à l'immense majorité », plaident-ils, qualifiant eux aussi les signataires de « poètes ».

Mais les rêveurs ne sont peut-être pas ceux que l'on croit, a riposté Annie Roy, cofondatrice de l'Action terroriste socialement acceptable et initiatrice du manifeste. « Ce discours-là d'économiste qui voit à court terme et qui pense qu'on ne peut pas se passer de pétrole pour être prospère, c'est un discours arriériste », soutient-elle, rappelant au passage qu'il y a un discours scientifique qui appuie leur élan vers l'affranchissement au pétrole.

Le Manifeste pour un élan global est un écho au Refus global, signé en 1948 par 15 membres du groupe automatiste. Les Automatistes rejetaient alors l'immobilisme de la société québécoise et le dogme de la religion au Québec. En 2015, voilà que c'est au dogme du pétrole que s'attaquent ces nouveaux objecteurs de conscience en espérant qu'il en résultera là aussi une transformation profonde du Québec.

En date de mardi, il y avait 12 753 signataires au Manifeste pour un élan global.

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