Être projectionniste en 2015

Alexandre Hurtubise est directeur technique à La Maison... (Imacom, Maxime Picard)

Agrandir

Alexandre Hurtubise est directeur technique à La Maison du cinéma, où chaque salle est équipée d'un serveur et d'un projecteur pour faire jouer les films.

Imacom, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le projectionniste comme spécialiste des pellicules a quitté l'affiche... Mais le projectionniste comme spécialiste de la qualité de l'image et de la projection à l'écran a repris son rôle dans certaines salles.

À La Maison du cinéma, le virage numérique a modifié le travail des projectionnistes au lieu de le faire disparaître. «Nous trouvons important d'avoir un spécialiste technique pour conserver la qualité des projections. Nous travaillons encore avec des projectionnistes, mais leurs tâches et leurs horaires sont différents», souligne Alexandre Hurtubise, directeur technique à La Maison du cinéma.

À l'époque - jusqu'à il y a environ cinq ans -, les films étaient livrés par bobines de pellicules. Un film tenait sur environ six bobines de 3,5 km chacune (24 images par seconde, ça fait beaucoup de petits carrés de pellicule!). Le travail du projectionniste consistait à assembler les bobines à leur arrivée le mercredi ou jeudi soir. Il s'assurait de les replacer dans leur état initial lorsque les films quittaient l'affiche, car les bobines étaient envoyées à d'autres cinémas. Aujourd'hui, les films arrivent sur disque dur, dans un format spécifique au cinéma : le Digital Cinema Package (DCP). Ils pèsent environ 150 Go. Certaines salles testent même depuis quelques années l'envoi de films par satellite.

Le projectionniste avait aussi la responsabilité de préparer les films à la projection à l'aide d'un système de plateaux. Ensuite, il devait renfiler la bobine dans le projecteur pour préparer le film à une nouvelle représentation. «Le travail du projectionniste était important pour le cinéma qui allait présenter le film après nous. Par exemple, jouer un film quatre fois par jour pendant 17 semaines demandait d'être méticuleux et de bien entretenir l'équipement pour éviter d'endommager la pellicule», indique le directeur technique. Même s'il arrive (rarement) que le disque dur ne fonctionne pas, la qualité d'un film n'est jamais altérée grâce au numérique.

Et durant la projection? Loin de se la couler douce en regardant les films jouer, les projectionnistes faisaient le tour des salles pour s'assurer que tout se déroulait sans accroc. Cette tâche reste centrale dans leur travail aujourd'hui.

«Loin de juste appuyer sur un bouton play, notre équipe technique voit à ce que tout se déroule bien dans les salles. Elle remarque les petits détails comme un haut-parleur ou un canal qui ne fonctionne pas», indique Alexandre Hurtubise.

Le cerveau: les serveurs

Même si le rôle du projectionniste demeure important dans certains cinémas, un serveur informatique effectue le gros du travail de projection. Dans chaque salle de cinéma se trouvent donc un serveur, sur lequel le film est stocké, et un projecteur, qui le diffuse à l'écran.

«Le cerveau de l'opération est le serveur. On le configure pour gérer la liste de lecture (bandes-annonces, publicités et film), fermer les lumières au bon moment et arrêter la musique d'ambiance», explique M. Hurtubise.

Projeter du 3D n'est pas plus compliqué : «On a besoin d'une version différente du film, d'un appareil devant la lentille du projecteur et d'un écran spécifique qui dirige la lumière de la bonne façon », résume le directeur technique.Tout compte fait, le virage numérique apporte surtout une meilleure qualité de film au public et facilite les opérations quotidiennes des salles de cinéma. « On a une meilleure reproduction de ce que le réalisateur a voulu transmettre, et ce, sur toute la durée de vie en salle du film», se réjouit Alexandre Hurtubise.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer