L'art de faire naître un musicien

Grâce à deux professeurs d'exception, d'abord à l'école... (Courtoisie Frédéric Petit)

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Grâce à deux professeurs d'exception, d'abord à l'école secondaire Montcalm puis au Cégep de Sherbrooke, Jipé Dalpé a pu repousser ses limites en tant que musicien professionnel.

Courtoisie Frédéric Petit

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Noémie Verhoef

On rend cette semaine hommage dans La Nouvelle à des profs qui ont marqué le parcours de certains, voire de plusieurs de leurs élèves au fil du temps. Pas mal de belles histoires en perspective...

Jipé Dalpé a appris dès l'école primaire à jouer de plusieurs instruments de musique. Ce ne sera par contre qu'une fois inscrit en interprétation jazz au Cégep de Sherbrooke, et grâce à deux profs hors du commun, qu'il apprendra à être musicien.

Devenir musicien, ça ne passe pas juste par la maîtrise d'un instrument. Ça nécessite aussi de développer des habiletés communicationnelles et une maturité émotive que le Jipé un peu hyperactif et parfois trouble-fête du primaire et du secondaire n'avait évidemment pas.

« Disons qu'au secondaire, j'étais assez compétitif. J'ai joué de la trompette dans l'harmonie de l'école en secondaire 1 et 2, puis ensuite dans le stage band en 3-4-5 à Montcalm et j'étais toujours à vouloir jouer plus vite, plus haut, plus fort », se remémore l'ex-Sherbrookois.

Le hasard - qui fait parfois très bien les choses - a toutefois mis un trompettiste de grand talent mais plutôt introverti à la barre du stage band où Jipé s'époumonait avec brio.

« Jean Gervais est venu remplacer le professeur régulier qui s'occupait du stage band, et à un moment donné, je lui ai demandé des trucs pour pouvoir jouer plus haut. Il m'a bien conseillé pour que j'atteigne mon but, mais a ajouté : "Parfois, jouer haut et fort, ce n'est pas ça le plus important". »

Au fil des ans, Jipé a eu l'occasion d'observer et de s'inspirer de la façon très intérieure qu'avait M. Gervais de jouer de la trompette et du flugelhorn [un genre de grosse trompette qui donne un son plus grave et plus feutré] puisqu'il est ensuite devenu son professeur d'instrument au Cégep de Sherbrooke.En savoir davantage pour être meilleur

Spécialistes dans leur domaine et souvent chercheurs accomplis, les profs de cégep et d'université se contentent parfois de condescendre à vulgariser deux ou trois théories au bénéfice de leurs étudiants, qui vont et qui viennent au gré des sessions. Pas René Béchard.

« Toutes matières et tous niveaux d'études confondus, René Béchard est le meilleur pédagogue que j'ai vu, affirme Jipé à propos de son ancien professeur d'harmonie et d'arrangements au Cégep de Sherbrooke. C'est quelqu'un qui avait le don de faire passer de la matière difficile comme si de rien n'était et qui avait une sorte de coolness qui faisait en sorte que tu ne voulais pas être en retard dans son cours ou ne pas avoir fait ton devoir. Tu voulais être le meilleur de toi-même, parce que lui, il était toujours le meilleur de lui-même. C'était imposant et impressionnant en même temps. »

S'il y a une chose qui a subtilement mais durablement marqué le jeune esprit de Jipé, c'est la façon dont M. Béchard commençait ses cours.

« Il était toujours assis au piano, et il improvisait. Quand le cours commençait, il nous demandait de lui dire ce qu'on en avait pensé et de le justifier. Il disait toujours qu'il faut savoir écouter. Et qu'après avoir écouté, il faut se faire une opinion. Savoir pourquoi on aime ou on n'aime pas. Encore aujourd'hui, c'est probablement ce réflexe d'introspection qui m'aide le plus, surtout quand j'écris mes chansons », conclut l'auteur-compositeur-interprète qui vient tout juste de lancer un mini-album intitulé L'homme allumette.

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