La meilleure, c'est ma mère

Le hockeyeur Jérémy Grégoire a eu sa mère... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

Agrandir

Le hockeyeur Jérémy Grégoire a eu sa mère comme enseignante de français et d'arts plastiques en secondaire 1.

ARCHIVES LA NOUVELLE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il se serait agi pour certains d'un cauchemar : quitter chaque matin la maison pour retrouver à l'école sa mère, transformée en professeure. Pas pour le hockeyeur Jérémy Grégoire.

« Quand je pense aux profs qui m'ont marqué, c'est ma mère qui me vient spontanément en tête », assure l'attaquant du Drakkar de Baie-Comeau de la Ligue de hockey junior majeur du Québec au sujet de maman Julie (Maltais), qui lui a enseigné le français et les arts plastiques en secondaire 1, au Collège du Mont-Saint-Anne (une école privée pour garçons).

« Elle portait en classe les valeurs qu'elle m'avait déjà inculquées à la maison : le respect, une manière de bien travailler, de bien interagir avec les autres. Disons que des gars en classe, c'est capable de niaiser, mais ma mère gardait ça pas mal droit. »

Comment parvenir à tenir en place une bande de sportifs qui ne pensent qu'au moment où ils pourront retrouver la glace? « Ma mère a une grande sensibilité pour adapter son cours de français. Trouver des lectures qui plaisent à tous, ce n'est pas facile, surtout dans une classe de secondaire 1, qui compte des gars plus matures et d'autres, moins matures. Je me souviens qu'elle nous faisait lire des livres sur la Deuxième Guerre mondiale et sur le hockey. En arts plastiques, elle venait chercher notre côté manuel. Elle sait qu'un gars, en général, ça aime ça, se salir. »

Conciliation études-hockey

La famille Grégoire ne pourrait être plus hockey. Jean-François, le père de Jérémy, a longtemps chaussé les patins et officie désormais en tant qu'adjoint derrière le banc du Titan d'Acadie-Bathurst. Thomas, frère cadet de Jérémy, porte le chandail du Phoenix depuis l'automne dernier. On imagine les discussions à table. On image peut-être moins comment les parents des frères Grégoire leur ont toujours interdit de porter des lunettes roses ou de partir en peur avec une bonne nouvelle (comme celle du repêchage de Jérémy par les Canadiens de Montréal en 2013).

« On me répète depuis que je suis tout petit que le hockey, c'est une chose, qu'on peut s'y amuser et y vivre de beaux moments, mais que l'école doit toujours rester là, comme plan b, et aussi parce que c'est important d'acquérir des connaissances. »

Le numéro 10 décrochait l'an dernier le trophée Marcel-Robert remis au joueur étudiant de l'année de la LHJMQ et complétera dans quelques semaines son DEC en sciences humaines et administratives. Pas un mince exploit, compte tenu de la soixantaine de matchs au calendrier de la saison régulière et des kilomètres d'asphalte à avaler pour atteindre l'Abitibi et les Maritimes. Ce n'est pas, d'ailleurs, beaucoup en demander aux jeunes joueurs, que de se plonger la tête dans leurs bouquins une fois de retour dans l'autocar, après avoir tout laissé sur la glace?

« C'est réaliste, mais il faut mettre les efforts, et il faut que les gars soient encadrés. Laisser un gars avec quatre cours à distance à compléter sans que qui que ce soit lui rappelle d'ouvrir ses livres, ce n'est pas super. C'est beaucoup plus facile de regarder une série sur son ordi que de faire ses devoirs. Ici, à Baie-Comeau, le conseiller pédagogique de l'équipe est près de nous, il supervise étroitement l'avancement de nos travaux. »

Ce que Jérémy Grégoire ne dit pas, c'est qu'il est sans doute un des membres de son équipe qui a le moins besoin de l'encadrement d'un conseiller pédagogique. Sa meilleure conseillère pédagogique, il la porte tout près de son coeur.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer