À l'école d'Ultra Nan

À l'école d'Ultra Nan, on enseigne la vie... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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À l'école d'Ultra Nan, on enseigne la vie avant les mathématiques.

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Philippe Cadieux

On rend cette semaine hommage dans La Nouvelle à des profs qui ont marqué le parcours de certains, voire de plusieurs de leurs élèves au fil du temps. Pas mal de belles histoires en perspective...

« Tu n'as pas la sensibilité nécessaire pour comprendre l'art. » Lorsqu'un professeur du Cégep lui a lancé cette phrase, il était stupéfait, atterré. C'est comme si on lui avait arraché le coeur.

Depuis cet incident, même si plusieurs années se sont écoulées, ces paroles restent gravées profondément dans la mémoire d'Ultra Nan. Aujourd'hui, l'artiste anonyme partage sa passion pour l'art à grands coups d'amour sur la toile. Comme si chacune de ses oeuvres était un pied de nez à cet enseignant qui n'avait pas su saisir sa sensibilité.

« À l'époque, je sentais déjà qu'une grande sensibilité m'habitait. Je savais que mon professeur avait tort. J'étais frustré par ses propos et j'avais envie de lui tenir tête. D'ailleurs, cet événement a certainement influencé mon art », analyse l'artiste sherbrookois.

« Les enseignants doivent comprendre qu'ils ont un rôle très important dans notre société. Par leurs interventions, ils peuvent influencer directement l'avenir d'un étudiant », ajoute-t-il.

D'ailleurs, Ultra Nan doit une partie de son amour de l'art à un enseignant de son école primaire. « Je ne sais pas si mon professeur était simplement blasé ou en avance sur son temps, mais il nous laissait faire tout ce qu'on voulait. Je passais donc l'essentiel de mes journées à faire du bricolage. Ça m'a permis d'exceller dans les arts plastiques. Toutefois, je dois avouer que je suis très mauvais en français », avoue-t-il en s'esclaffant.Un système à repenser

Même si Ultra Nan a beaucoup de respect pour les enseignants, ce dernier croit davantage au concept de tuteur et de mentor. « Pour ma part, mes parents ont été très importants dans ma vie. Sans eux, je ne serais pas la personne que je suis aujourd'hui. Évidemment, on peut apprendre certaines choses à l'école, mais je pense que l'essentiel de l'apprentissage se déroule à la maison », croit-il.

Il faut dire que l'artiste a une dent contre le système scolaire traditionnel. « Malheureusement, on perd beaucoup de talents dans le système tel que nous le connaissons. C'est beaucoup trop rigide. Je suis conscient qu'on doit respecter certains standards, mais est-ce que le fait de ne pas savoir accorder correctement un participe passé fait de toi un mauvais médecin? » se questionne-t-il.

Ultra Nan pense également qu'il existe une dichotomie entre le monde réel et la théorie enseignée en classe. « Pendant qu'on s'acharne à former une élite mathématique, on oublie de former de bons citoyens, des gens qui sont ouverts d'esprit et aptes à comprendre les nombreux enjeux de la société dans laquelle on vit. »

Dans les prochaines semaines, l'artiste sherbrookois va devenir père et il a déjà des plans pour son premier enfant. « Je vais lui enseigner la morale. Pour moi, c'est le cours le plus important! » clame-t-il.

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