Une bouffée d'oxygène

David Laliberté considère son bénévolat à La Chaudronnée... (La Nouvelle, Nora T. Lamontagne)

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David Laliberté considère son bénévolat à La Chaudronnée comme une bouffée d'oxygène.

La Nouvelle, Nora T. Lamontagne

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Nora T. Lamontagne

Parce qu'on a souvent l'impression que le monde n'est que haine et violence, que les individus sont recroquevillés dans leur coin sans souci de leur prochain, que l'amour et l'entraide sont galvaudés. Parce que tout ça, on s'est dit : « Tiens, la Saint-Valentin, fête de l'amour. Parlons d'amour. De l'amour des autres. De tous ces autres. » Portraits d'amoureux de l'autre.

Parfois, donner, c'est aussi recevoir autant, sinon plus. David Laliberté, bénévole à La Chaudronnée, en sait quelque chose.

David est un bénévole pour qui la routine a un certain charme. Plusieurs matins par semaine, depuis cinq ans, après une marche de 30 minutes, il gravit les escaliers qui mènent à La Chaudronnée. Une fois rendu, il prend quelques gorgées de café et se met au travail. Assis à l'entrée de la salle à manger, il a la tâche de prendre les présences des usagers qui viennent petit-déjeuner et dîner.

Privilège de l'ancien, David connaît à peu près tout le monde par son prénom. « Je suis pas une personne qui parle beaucoup... dit-il d'une voix tranquille. Mais j'ai une super bonne mémoire. Je fais juste regarder les gens dans les yeux, et je te dirais que les 250 personnes qui viennent ici le plus souvent, je connais leur nom et leur prénom. »

Quand le repas est terminé, que les chaises multicolores sont de nouveau vides, David en profite pour manger un peu, après tout le monde. À ce moment, il a une sorte de sentiment du devoir accompli. Vers 13 h, il rentre chez lui. Et le lendemain, il recommence.Une première à tout

Avant sa rupture et son arrivée à Sherbrooke, David n'avait jamais fait de bénévolat. Ni lui ni personne dans son entourage proche, d'ailleurs. Son épilepsie l'a toujours empêché d'occuper un travail très longtemps, et c'est en déménageant à Sherbrooke, encouragé par son propriétaire de l'époque, qu'il a visité La Chaudronnée pour la première fois. Le déclic s'est fait rapidement.

Les journées les plus achalandées, on peut compter plus de 160 usagers à La Chaudronnée. Une vraie ruche! Si on fait le cumul, pendant ses cinq années de bénévolat à la soupe populaire, David a donc connu des centaines de gens.

Il établit une taxonomie approximative. Il y a ceux qui sont là pour la partie plus sociale : partager un repas autour d'une table, entourés. Et il y a ceux qui ne parviendraient tout simplement pas à se nourrir autrement qu'à la soupe populaire, que ça soit à cause d'une consommation de drogue qui draine leurs finances, ou encore d'une situation de pauvreté extrême. À force de les côtoyer, David a appris à « dialoguer avec ces trois genres de personnes là. À les connaître ».

Lui qui était tombé dans la consommation estime que l'expérience a changé sa vie. Grâce à La Chaudronnée, il peut faire sa part pour la société, même sans occuper un emploi à temps plein. Il peut rencontrer des gens, comme l'intervenant de l'organisme, dont il est maintenant très proche. Il peut « reconnecter avec la réalité ».

« Aujourd'hui, tout mon univers est structuré autour de la Chaudronnée. Ça m'a aidé énormément. C'est un peu comme mon chez-moi, ici », explique-t-il. Mais alors, que ferait-il si La Chaudronnée n'existait pas? David sourit. « Je trouverais sûrement un autre milieu pour continuer... Ça oxygène ma vie. »

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