Obsédante météo

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Les Québécois sont plutôt obsédés par la météo, hiver comme été.

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Camélia Handfield

Comment entretenez-vous votre relation avec la météo? Émission de télévision matinale, nouvelles à la radio, application sur votre portable, visite routinière sur internet, coup de fil à Environnement Canada, coups d'oeil compulsifs au thermomètre? Crise de nerfs devant le plus haut banc de neige de l'Histoire, désolation sous le déluge, panier de pique-nique en main?

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Benoît Castelnérac

Courtoisie

Benoît Castelnérac, professeur au département de philosophie et d'éthique appliquée de l'Université de Sherbrooke, ne s'intéresse pas tant aux phénomènes météorologiques qu'à la perception qu'on en a et à ce qu'on peut apprendre de celle-ci. Quelques remarques.

On s'étonne de ce qui est normal. « Les gens s'étonnent de la météo comme au spectacle, comme si les événements météorologiques étaient chaque fois exceptionnels alors que c'est propre à la nature de fonctionner par extrêmes. » Oui, il fait huit degrés sous la température moyenne. Parce que la moyenne n'est pas représentative de chacune des journées.

On est crédules. « On se fie à la météo. Cependant, la météo est du domaine des choses erronées. » Une prévision météorologique précise et exacte coûte cher, explique le professeur. Sait-on si Environnement Canada profite du même budget que la NASA? Les changements au programme apparaissent inévitables - comme les déceptions.

On s'en raconte. « Les gens se construisent une histoire à côté de la météo et montrent une magnifique faculté d'oubli. » On s'attristait il y a une dizaine d'années d'un Noël vert et on se plaignait plus récemment des rigueurs de fin décembre dont la neige dépend. Peu importe la situation, on se rappelle un temps où le temps était meilleur. Selon M. Castelnérac, c'est là l'illustration d'une manière caractéristiquement humaine de réagir, qui démontre une certaine difficulté à improviser.

Les Québécois obsédés. Le philosophe reconnaît par ailleurs une légitimité à l'intérêt marqué des Québécois pour les prévisions météorologiques. « La météo permet d'éviter des problèmes », accorde-t-il en évoquant engelures hivernales et trombes d'eau estivales. Le climat d'ici comporte ses dangers.

Et puis, vu le cycle des saisons et les conditions climatiques changeantes, difficile de ne pas s'intéresser au temps duquel dépendent nos activités. « Il faut se rappeler comment le Québec s'est bâti, avec les gens qui s'aidaient les uns les autres, l'été. » Tandis que l'hiver, ils s'enfermaient. « La météo conditionne la société québécoise.

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