Le vélo sous zéro

Pas besoin de superpouvoirs pour faire du vélo... (IMACOM, MAXIME PICARD)

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Pas besoin de superpouvoirs pour faire du vélo l'hiver selon Judith Beaudoin. Quelques trucs suffiront!

IMACOM, MAXIME PICARD

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Noémie Verhoef

Vous les avez vus chevaucher leurs bolides dans les froids les plus extrêmes, braver le verglas et la slush sans sourciller et arriver à destination avec de jolies pommettes rouges. Oui, il y a des cyclistes qui ne laissent pas Dame Nature décider pour eux si c'est le temps ou non de faire du vélo. Sont-ils des superhéros génétiquement modifiés ou ont-ils simplement développé certains trucs pour y arriver?

« J'aimerais ça dire que je suis exceptionnelle, et que le vélo l'hiver c'est un sport extrêmement difficile... mais c'est juste pas le cas, lance d'emblée Judith Beaudoin, adepte du vélo hivernal depuis cinq ans et conseillère en transport durable à l'Université de Sherbrooke. Je suis enceinte de six mois et demi et je me déplace quand même en vélo à l'année, je suis convaincue que tout le monde est capable de le faire! »

Reste tout de même que pédaler à -30 degrés n'a pas grand-chose à voir avec une balade de plaisance autour du lac des Nations. Judith a donc gentiment accepté de nous faire part de son expérience dans l'espoir que de plus en plus de Sherbrookois tentent l'expérience.

Truc 1 : s'assumer

« Tu ne seras jamais sexy quand tu feras du vélo l'hiver. Une fois que t'as accepté ça, tu peux t'habiller en conséquence sans complexe, blague notre cycliste. La meilleure technique reste celle de l'oignon : mettre plusieurs couches de vêtements pour pouvoir en enlever au fur et à mesure. »

Car contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas le froid le plus grand défi du cycliste hivernal; c'est la chaleur! Après quelques minutes à peine, selon les dires de Judith, il fait vraiment chaud, alors c'est important de pouvoir réagir et éviter d'être trempé de sueur.

Truc 2 : prendre son temps

Il y a toujours eu trois grandes catégories de cyclistes, soit les performeurs, les plaisanciers et les utilitaires. Clairement, le vélo l'hiver est fait pour les gens qui se rangent dans cette dernière catégorie.

« Il faut être patient quand on pédale l'hiver et simplement accepter qu'un trajet qui te prend 30 minutes l'été t'en prendra 45 l'hiver. Si on se bat contre la montre, c'est là que ça peut devenir frustrant, mais ce n'est pas parce que c'est difficile, c'est parce qu'on n'a pas adopté la bonne attitude », poursuit Judith.

Truc 3 : planifier

Une fois arrivé sain et sauf à destination, le cycliste aura besoin de plus ou moins de temps pour se préparer à attaquer sa journée de travail. Certains aimeront prendre une douche rapide et se changer en entier; pour d'autres, un simple chandail de rechange fera parfaitement l'affaire. Ça dépend des glandes sudoripares de chacun.

« Puisque je vais toujours au travail en transport actif, je laisse ce dont j'ai besoin pour me préparer là-bas, et j'ai toujours des chandails de rechange. C'est comme n'importe quelle routine, une fois qu'elle est installée, ça va super bien », nous encourage Judith.

Truc 4 : s'équiper (optionnel)

Bien que le meilleur ami du cycliste d'hiver soit un vélo acheté seconde main dans une vente de garage qui pourra rouiller comme bon lui semble, certaines pièces d'équipement peuvent s'avérer un petit luxe intéressant.

« La première année que j'ai fait du vélo l'hiver, raconte Judith, je ne me suis rien acheté de spécial et ça avait très bien été, mais avec le temps je me suis un peu équipée. Ma pièce d'équipement dont je ne me séparerais plus, ce sont mes surbottes. Mon père est facteur et il m'a fait découvrir ça; ce sont des caoutchoucs qui vont par-dessus les bottes et qui les isolent encore plus. Avec ça, je n'ai jamais froid aux pieds. »

Les deux autres choses dont doit se munir le futur cycliste toute saison sont les garde-boue et un manteau très voyant, car comme il fait noir très tôt l'hiver, il faut mettre les bouchées doubles pour bien cohabiter avec les automobilistes. Automobilistes qui, par ailleurs, sont empreints d'un profond respect envers les cyclistes lorsqu'ils les croisent au mois de décembre plutôt qu'en juillet.

« Je ne sais pas si c'est parce qu'ils nous prennent en pitié ou quoi, mais c'est très sécuritaire faire du vélo l'hiver tellement les autos nous laissent de la place! » blague Judith en prenant une gorgée de son latté bien chaud.

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