Mots, images et pas de danse

Ceci n'est pas un hommage à Charlie Hebdo. Cette première édition... (Illustration La Nouvelle, Camélia Handfield)

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Illustration La Nouvelle, Camélia Handfield

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Camélia Handfield

Ceci n'est pas un hommage à Charlie Hebdo. Cette première édition Full staff (Complètement personnel) publiée cette semaine à grands coups de textes et de dessins avait été pensée et lancée avant les horreurs de la dernière semaine. Donc, rien à voir! Alors ce Full Staff?! Une envie de sortir les collègues de leur zone de confort, mais surtout de vous proposer autre chose que la perte de poids et le gain de muscle pour la prochaine année. Et un désir de rapprochement, aussi. Parce qu'on a envie d'être avec vous.

2015 et l'hiver me donnent envie de tenir un journal. De rassembler des bribes de pensées et des gribouillis épars dans un carnet. Pour faire de l'ordre, mais surtout pour cultiver un espace privé. La vie est confortable, la porte fermée.

Que faire d'autre, la porte fermée, et protégé de toutes sources potentielles d'interruption si possible? Lire!

La lecture qui s'impose quand on désire s'initier à la pensée critique : le Petit cours d'autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon. Apprendre à détecter les tentatives de manipulation de l'esprit, ça sert quotidiennement. En plus, l'ouvrage est illustré des petits bonshommes au gros nez de Charb, tragiquement décédé dans le récent attentat qu'on connaît.

Une autre dessinatrice de presse dont on devrait ressortir les albums, Claire Bretécher. Les planches des Frustrés, d'abord parus dans les pages du Nouvel Observateur dans les années 1970, se moquent des lecteurs typiques de la revue française : mobilisés immobiles, femmes libérées obsédées par la cellulite, couples dialoguant en sourds pour le plaisir d'avoir raison. Les personnages construits à traits nerveux sont surtout très bavards et à peine caricaturés. Si Claire Bretécher confie en entrevue ne rien comprendre à l'époque contemporaine, ses bulles n'en restent pas moins d'actualité. Et très drôles.

Hervé Tullet n'est pas bédéiste, mais il sait exploiter l'espace de ses livres jeunesse au maximum. Avec ses dessins spontanés et brouillons, il sollicite le tout-petit qui participe littéralement à l'oeuvre. L'auteur et illustrateur dit vouloir que les livres soient magiques. Mes titres préférés : Un livre et Sans titre. Je les lis à mes enfants et m'amuse autant qu'eux.

Justement, les enfants, à quoi les occuper sans (trop de) culpabilité quand on leur tend la tablette? L'application Art Lab du Museum of Modern Art de New York propose plusieurs activités inspirées d'oeuvres d'art de la collection de l'institution. On associe des sons à des formes, on superpose des images et des couleurs, on joue avec les lignes. Et quand on a plus de temps et de courage, on sort les cartons, les pinceaux et les ciseaux et on refait tout ça dans la vraie vie.

Dans la vraie vie, on sort, aussi, parce qu'on veut sortir de l'hiver mentalement indemne. Pourquoi ne pas assister à quelques pas de danse? Je ne connais rien à la danse. Je ne comprends rien à la danse. J'aime regarder la parfaite maîtrise du geste des danseurs. Il reste plusieurs spectacles de la série danse présentée conjointement par le Centre culturel de l'Université de Sherbrooke et le Théâtre Centennial, dont BJM de la compagnie des Ballets Jazz de Montréal, le 7 avril prochain.

Il est par ailleurs toujours intéressant de traîner au Théâtre Centennial. On souhaiterait parfois être attablé devant un verre plutôt qu'assis dans un amphithéâtre, mais la qualité de la programmation le compense largement. À venir, les fous malades du Montréal Guitare Trio, la pianiste de jazz talentueuse et sexy Émie R. Roussel, du classique, du pop, du klezmer, et encore du jazz.

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