Soigner sa communauté

Des étudiants en médecine de l'Université de Sherbrooke,... (La Nouvelle, Jocelyn Riendeau)

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Des étudiants en médecine de l'Université de Sherbrooke, dont Joël Martin et Laurence Lapointe, s'impliquent auprès d'organismes communautaires, entrant ainsi en contact avec leurs futures clientèles vulnérables.

La Nouvelle, Jocelyn Riendeau

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Les futurs médecins formés au programme de médecine de l'Université de Sherbrooke sont appelés à appliquer, en milieu communautaire, les notions théoriques apprises dans leurs cours. C'est l'objectif principal du volet d'apprentissage par le service dans la communauté, mis en place par la faculté.

«On a ciblé les organismes communautaires pour lesquels les étudiants étaient associés à des domaines appris au niveau académique, explique Noëlle Reulet, conseillère au programme d'études médicales prédoctorales. Pour une grande partie des étudiants, ils sortent du Cégep et n'ont pas vraiment été en contact avec le terrain.»

Encadrés par les enseignants, les étudiants en médecine mettent en place un certain nombre d'initiatives tout au long de leur parcours académique. Accompagnement d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, sensibilisation aux droits de la personne, ateliers de prévention, interventions en santé sexuelle, cours de yoga dans des maisons de retraite: le programme mène à l'implantation d'une variété de projets qui visent à répondre aux besoins de populations vulnérables.

Par le contact avec les réalités du terrain, les implications communautaires prévues au programme permettent entre autres de remettre en doute certaines idées préconçues de futurs médecins.

Laurence Lapointe est étudiante en troisième année au programme de médecine. Parmi ses multiples projets terrains, elle a fait un stage dans une communauté autochtone du Saguenay.

«Le fait d'aller en communauté autochtone, ça t'ouvre les yeux sur une réalité qui n'est pas nécessairement la tienne. C'est une culture complètement différente. Je pense que ça nous permet d'être conscients qu'il va y avoir des patients qu'on va traiter qui ne seront pas de notre culture et qu'il y a certaines barrières culturelles qui existent.»

Selon elle, ce type d'implications communautaires permet de «défaire les préjugés que les étudiants en médecine peuvent avoir envers les clientèles vulnérables», afin de pouvoir améliorer les conditions de ces personnes.

Moins intimidants que des médecins

Pour plusieurs raisons, certains individus aux prises avec des problématiques sociales ou de santé peuvent être plus réticents par rapport aux médecins. Pallier cette situation est justement l'un des objectifs du programme, confie Noëlle Reulet.

«Nos étudiants en médecine peuvent être comme un nouveau pont vers la médecine, dans le sens qu'ils sont moins intimidants qu'un médecin, parce qu'ils sont jeunes et parce qu'ils ne sont pas dans un cabinet. Ils sont sur le terrain.»

Joël Martin en est à sa deuxième année d'études au programme de médecine de l'Université de Sherbrooke. «Ce qui est intéressant pour les gens dans le milieu, c'est qu'on est étudiants. Des fois, ça permet d'ouvrir un peu plus les portes pour qu'on puisse aller à leur rencontre plus facilement, qu'ils puissent en apprendre plus sur les problématiques. Ils sont moins intimidés à en parler, ils ont moins peur d'être jugés.»

Pour Joël, ce volet du programme de formation en médecine est une occasion d'aller au-delà du contenu des livres. «On est dans une phase très théorique où on est beaucoup dans nos livres. C'est intéressant d'aller tester nos connaissances, de les appliquer et d'aller voir la réalité en dehors de notre salle de classe pendant notre formation.»

Engagé dans sa communauté, Joël croit que les médecins ont un rôle important à jouer pour la société. «[Le programme] nous outille encore plus pour pouvoir interagir dans le réseau de la santé. En tant que médecins, je pense qu'on va être des acteurs de changement dans notre communauté à une plus grande échelle.»

S'impliquer dans son milieu, c'est aussi apprendre à le connaître, selon Joël Martin. «Je pense que ça nous permet déjà d'apprendre à connaître la communauté dans laquelle on veut pratiquer. C'est vraiment un gros côté positif.»

Laurence Lapointe rajoute que l'apprentissage dans la communauté permet aux étudiants de connaître des ressources qu'ils n'auraient pas nécessairement connues autrement. «Travailler avec des acteurs du milieu communautaire de Sherbrooke, ça permet de nous familiariser avec ce qui existe comme secteurs, autres que le secteur purement médical, et de voir comment on pourra travailler avec eux plus tard. Ça nous donne des idées des endroits où on pourra référer nos patients aux prises avec des problématiques particulières.»

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