Superstars de l'Halloween

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Réappropriation d'une croyance vaudou, les zombies prennent les rues d'assaut chaque automne lorsque se pointe la fête de l'Halloween.

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Noémie Verhoef

Cette année, parions qu'il y aura une myriade de fillettes qui voudront incarner Anna ou Elsa, les célèbres soeurs de La reine des neiges, et que les garçons opteront en masse pour un personnage de Skylanders. Ça n'empêchera pas les irréductibles classiques de l'Halloween de déambuler dans les rues à la recherche du sugar rush annuel. Voici un top 3 maison qui revisite la genèse de ces mythiques personnages.

Vampires et loups-garous

Le vampire est une figure centrale de la mythologie slovaque, même si des créatures s'apparentant à celui-ci sont trouvées dans d'autres récits fantastiques, comme ceux de la mythologie grecque.

La figure mythique du vampire et celle du loup-garou trouveraient leur origine dans la tentative d'expliquer une maladie cutanée sévère, l'hypertrichose. Cette maladie est à l'origine d'une pousse de poils très importante sur tout le corps, mais plus notable encore sur le visage, et elle peut être aggravée par une exposition au soleil, au froid et au vent. Les gens atteints de cette maladie, s'ils étaient des paysans, devaient tout de même travailler dans les champs et leur état s'aggravait tellement qu'ils finissaient par avoir l'apparence d'un loup. Contrairement à ces derniers, les nobles avaient le loisir de se cacher dans leurs châteaux, ce qui explique leur teint blême. C'est aussi pourquoi les loups-garous et les vampires doivent à tout prix éviter la lumière éclatante du jour, qui leur serait mortelle.

De plus, pour créer le personnage de Dracula, Bram Stoker s'est fortement inspiré de Vlad III, un homme politique et stratège militaire roumain rendu célèbre pour ses façons peu orthodoxes d'asseoir la suprématie de son pouvoir. Afin d'éviter tout soulèvement populaire et les invasions possibles des territoires avoisinants, Vlad avait l'habitude d'empaler les dissidents devant la forteresse, qu'ils fassent partie des troupes ennemies ou des siennes. Cela avait bien sûr un effet dissuasif pour tous ceux qui prévoyaient déserter l'armée...

Frankenstein

Un château gothique lugubre, un savant fou et des restes humains : c'est tout ce dont avait besoin Mary Shelley pour créer l'un des personnages les plus célèbres de la littérature gothique.

Fille de Mary Wollstonecraft, philosophe et écrivaine britannique surtout reconnue pour sa prise de position féministe dans A Vindication of the Rights of Woman, et du philosophe William Godwin, Mary était presque prédestinée à devenir l'auteure d'une pièce d'anthologie comme Frankenstein.

Ce qui surprend, toutefois, c'est que ce n'est pas en se réveillant au beau milieu de la nuit après avoir fait un terrible cauchemar que Shelley a eu l'inspiration pour l'écrire. Ce n'est qu'après avoir été mise au défi par nul autre que Lord Byron, un célèbre poète romantique anglais de l'époque, et son mari, le philosophe Peter Shelley, qu'elle s'est résolue à composer le récit qui la rendit célèbre.

Ce sont ses nombreux voyages qui lui donnèrent tout le matériel dont un esprit vif et imaginatif comme le sien avait besoin pour tisser cette macabre histoire. En effet, elle s'est inspirée du château de Frankenstein en Allemagne, qu'elle avait visité quelques années auparavant, alors que l'idée du savant survolté lui est venue d'un alchimiste reconnu pour ses méthodes peu orthodoxes qui a aussi vécu au château, Johann Conrad Dippel.

Certains affirment même qu'il aurait exhumé des corps pour parfaire ses connaissances en anatomie et les inclure dans ses étranges expériences.

Les zombies

Les zombies comme on les connaît dans les films hollywoodiens d'aujourd'hui sont une réappropriation d'une croyance vaudou. La religion vaudou prend ses racines dans l'Afrique de l'Ouest et les peuples qui y adhèrent croient qu'il y a un dieu suprême, Bondye (une réappropriation de l'expression française « Bon Dieu »), qui gouverne le monde sans toutefois y participer.

Les pratiquants se tournent donc avec leurs demandes vers les Ioas, des esprits singuliers qui interviennent dans des domaines qui leur sont spécifiques, un peu comme les Grecs avaient un dieu de l'eau, de l'amour, de la guerre, etc. Pour communiquer avec les Ioas, les pratiquants font appel à un Bokor, un membre respecté du clan qui est aussi reconnu pour ses pouvoirs de nécromancie.

La zombification est la punition suprême qui peut être infligée à un membre de la tribu, car elle ramène l'individu à l'état d'esclave. Pour zombifier quelqu'un, le Bokor utilise une poudre de tétrodotoxine et la frotte vigoureusement sur la peau du fautif. La personne entre ensuite dans un état de catalepsie, c'est-à-dire qu'elle paraît morte tellement ses signes vitaux sont faibles.

Les membres de la tribu procèdent ensuite à son enterrement, et ce n'est que 24 heures plus tard que le Bokor déterre la victime et la frotte d'un antidote faite de datura ou d'atropine, ce qui le sort de sa léthargie.

La victime ayant subi des dommages importants au cerveau à cause du manque d'oxygène et de la drogue, elle erre, incapable de prendre des décisions. Elle devient alors esclave du Bokor, qui l'utilise pour travailler la terre ou faire d'autres tâches simples.

Selon les croyances vaudou, le fait de pouvoir redonner vie à un cadavre prouve la dualité entre l'âme du corps et celle de l'esprit; le Bokor ayant volé l'âme de l'esprit de la victime, celle-ci peut encore se mouvoir mais est tout à fait subjuguée par la volonté de son maître. Les Bokor peuvent aussi enfermer des âmes dans des vases confectionnés à cet effet et les revendre comme élixir de courage, d'agilité, d'amour selon les caractéristiques de l'âme qui y est emprisonné.

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