Le chasseur, une drôle de bibitte?

L'Île de la Province, terre de traditions

La chasse au faisan met à contribution des... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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La chasse au faisan met à contribution des chiens bien entraînés.

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Noémie Verhoef

Quand l'automne se pointe avec ses couleurs, ils sont nombreux à gagner les bois, et pas nécessairement pour une randonnée en montagne le temps de quelques selfies. Non, les amateurs de chasse sont plus discrets, bien camouflés à l'orée de la forêt, le regard tournée vers la prairie ou la saline. Mais qui sont ces drôles de bibittes? Histoires de chasse.

Jean Salvas en est à sa seizième saison... (La Nouvelle, Noémie Verhoef) - image 1.0

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Jean Salvas en est à sa seizième saison en tant que maître de chasse sur l'Île de la Province sur le Memphrémagog.

La Nouvelle, Noémie Verhoef

À l'arrivée du groupe de tireurs arborant fièrement vestons, écharpes, pantalons, bottes et chapeaux issus du code vestimentaire traditionnel autrichien, pêcheurs et baigneurs des rives du lac Memphrémagog haussent un sourcil et échangent des regards interrogatifs. Seraient-ils responsables des coups de feu lointains qu'on entendait quelques heures auparavant? D'où viennent-ils? Que chassaient-ils?

L'Île de la Province, la plus grosse du majestueux lac Memphrémagog avec ses 77 acres, est depuis longtemps la convoitise de gens de la haute société. Lieu de la résidence secondaire d'un éminent homme d'affaires américain jusqu'aux années 1950, elle a vu pondre depuis le Club de chasse et de pêche de l'Île de la Province fondé par Jan Pick. Propriété privée depuis 1997, elle n'accueille plus désormais que des invités triés sur le volet.

On y pratique la chasse au faisan dans le plus grand respect des traditions slovaques instaurées jadis Jan Pick, d'origine tchèque.

« La chasse au faisan est un sport noble dans son ensemble. L'ensemble des traditions qu'on conserve à l'Île visent à préserver la noblesse de notre pratique. Les tireurs portent des tenues de chasse faites sur mesure, utilisent les armes d'autrefois et respectent les même règlements que ceux qui existaient à la fin du 19e siècle, en Europe », explique Jean Salvas, maître de chasse et dresseur de chiens du Club depuis 16 ans.

Ainsi, les tireurs assistent religieusement à des cérémonies en début et en fin de chaque journée de chasse.

« La cérémonie d'ouverture est surtout un rappel des règlements et des codes de sécurité qui sont de mise lors de la chasse. On ouvre la chasse avec un air joué au cor. La cérémonie de fermeture est plus solennelle encore. On présente le tableau de chasse aux tireurs et on aligne le gibier en rangées de dix, les mâles d'abord, les femelles ensuite. Nous contemplons le plumage de l'animal, et nous rendons hommage aux faisans en jouant Requiestat in pace (Rest In Peace) pour leur offrir une mort digne de la noblesse de leur espèce », de poursuivre le maître.

Journée de chasse typique

Évidemment, une journée de chasse au faisan sur l'Île de la Province commence par un transport par bateau ou par hélicoptère.

« Le Club fournit aux membres et à leurs invités le transport en bateau. Ceux qui désirent s'y rendre par hélicoptère s'ils en possèdent un peuvent le faire. Évidemment, à ce moment-là, les frais qui sont liés à leur déplacement sont à leur charge », raconte M. Salvas, visiblement habitué de le spécifier.

Accueillis par des scouts qui prennent en charge les bagages et escortent les invités jusqu'au lieu de cérémonie, les tireurs vont ensuite se poster à l'un des huit corridors de tir désignés par le maître de chasse.

Au son du cor, ils peuvent charger leurs fusils ou demander à ce qu'on le fasse pour eux, puis attendent patiemment que les faisans passent en vol devant eux. Chacun a alors droit à deux coups de feu, chacun dégageant environ 300 plombs couvrant un rayon de trois pieds. On répète ainsi l'opération à quelques reprises.

Les chasseurs auront ainsi droit à trois battues d'une trentaine de minutes chacune avant de prendre une pause au chalet et de se retrouver ensuite de l'autre côté de l'Île pour trois autres battues. La chasse se concluera bien sûr par la cérémonie, l'apéro et un dîner gastronomique trois services préparé par un chef renommé.

« Ce type de chasse au faisan à l'européenne, on ne le retrouve qu'à trois endroits au Canada, spécifie Jean Salvas. Ça nécessite un immense terrain, beaucoup d'entretien et d'employés en plus d'une bonne quantité de gibier. On a 6500 faisans qui sont transportés sur l'Île, à chaque année. »

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