Sherbrooke, terre d'accueil pour les traditions du monde

Chaque année, Sherbrooke accueille plus de 1000 immigrants, ce qui en fait... (IMACOM, JOCELYN RIENDEAU)

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Pierre-Luc Trudel

Chaque année, Sherbrooke accueille plus de 1000 immigrants, ce qui en fait l'une des villes québécoises les plus prisées par les nouveaux arrivants. Le résultat d'un choix réfléchi ou bien d'un processus d'immigration organisé?

Selon le recensement de 2011, 6,2 % de la population sherbrookoise est née à l'extérieur du Canada. Si cette proportion reste loin de celles des métropoles canadiennes comme Montréal (22 %) ou Toronto (près de 50 %), elle n'en reste pas moins élevée pour une ville d'au plus 160 000 habitants.

« Il faut faire la différence entre l'immigration économique et l'immigration humanitaire », indique d'emblée Sylvie Champagne, coordonnatrice à l'accueil au Service d'aide aux Néo-Canadiens. Les immigrants économiques choisissent leur région d'accueil, à la recherche d'emploi et d'une plus grande prospérité. « Ils se préparent, se renseignent, sont souvent qualifiés et s'installent là où ils pensent pouvoir améliorer leurs conditions de vie », explique-t-elle.

Les immigrants humanitaires sont généralement des réfugiés qui fuient des zones de conflits. « C'est un type d'immigration plus organisé. C'est le gouvernement qui les disperse dans les 13 régions d'accueil du Québec. Ce n'est pas eux qui choisissent où ils vont s'installer. »

Au début des années 2000, la grande majorité des nouveaux arrivants qui s'installaient à Sherbrooke provenaient de l'immigration humanitaire, les immigrants économiques étant davantage attirés par la région de Montréal. La situation a toutefois évolué et Sylvie Champagne estime qu'aujourd'hui la proportion d'immigrants économiques est presque aussi élevée que celle issue de l'immigration humanitaire. L'Université de Sherbrooke, où sont inscrits des étudiants de plus d'une centaine de pays, n'est pas étrangère à cette tendance.

« On a une très longue tradition d'accueil à Sherbrooke », soutient Sylvie Champagne, qui mentionne au passage que le Service d'aide aux Néo-Canadiens de Sherbrooke existe depuis 1954. « Il y a beaucoup de services en place à Sherbrooke pour faciliter l'intégration des nouveaux arrivants, comme des cours de français et de l'aide à la recherche d'emploi. C'est certain que les deux universités sont aussi des atouts importants », note-t-elle.

Origines multiples

Les Néo-Canadiens sherbrookois proviennent de plus d'une cinquantaine de pays. La provenance des immigrants humanitaires évolue selon le contexte politique mondial et les zones de conflits. Dans les années 90, Sherbrooke a par exemple accueilli un très grand nombre d'immigrants provenant de la Bosnie-Herzégovine, alors plongée dans l'éclatement de la Yougoslavie et la guerre de Bosnie. La guerre civile en Somalie et l'instabilité politique en Éthiopie ont aussi influencé l'immigration sherbrookoise de l'époque.

« Depuis le début des années 2000, on a accueilli beaucoup de Colombiens, d'Africains provenant de la région des Grands Lacs (République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi), d'Afghans, de Bhoutanais et d'Irakiens », énumère Mme Champagne.

Si le secteur d'Ascot, dans l'arrondissement du Mont-Bellevue, concentre encore la majorité des nouveaux arrivants, la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie a remarqué qu'ils étaient de plus en plus nombreux à s'établir ailleurs en ville, particulièrement dans les secteurs du Carrefour et de Rock Forest.

Peu importe leur pays d'origine ou leur quartier d'appartenance, tous les Sherbrookois pourront, comme chaque année, partager leur culture au Festival des traditions du monde... au risque de tomber dans le folklore?

« C'est vrai qu'on a parfois tendance à mettre le côté folklorique de l'avant avec la nourriture et les vêtements, mais je pense que l'acceptation et l'intégration commencent avec ça. Il faut le voir comme un événement de plaisir et j'encourage les nouveaux arrivants à y aller. Il ne faut pas oublier qu'ils proviennent souvent de pays où il n'y a pas d'immigration. En plus de devoir s'adapter à leur société d'accueil, ils doivent s'intégrer à une société multiculturelle », fait remarquer Sylvie Champagne.

Les 10 plus grandes communautés culturelles de Sherbrooke (2011)

France

1535 personnesColombie

1170 personnes

États-Unis

1000 personnes

Bosnie-Herzégovine

730 personnes

Maroc

505 personnes

Algérie

475 personnes

République démocratique du Congo

355 personnes

Afghanistan

340 personnes

Chine

280 personnes

Mexique

280 personnes

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