Sherbrooke, ville de lutte

Pat Laprade et Bertrand Hébert raconte un siècle... (Imacom, Julien Chamberland)

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Pat Laprade et Bertrand Hébert raconte un siècle de lutte québécoise dans À la semaine prochaine, si Dieu le veut!

Imacom, Julien Chamberland

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Pat Laprade et Bertrand Hébert donnent enfin à l'histoire de la lutte québécoise un livre à la mesure de son importance avec À la semaine prochaine, si Dieu le veut! Discussion sur le rôle majeur qu'y tient Sherbrooke.

C'est avec des yeux écarquillés de petits gars impressionnés que Pat Laprade et Bertrand Hébert terminent en notre compagnie une journée d'entrevues qui leur aura permis de mettre les pieds dans la mythique enceinte des studios de Télé 7 où Dino Bravo, le Géant Ferré, Raymond Rougeau et autres Pat Patterson ont jadis rivalisé en simiesques grimaces et en spectaculaires acrobaties.

«Mon plus vieux souvenir de lutte, c'est Rick Martel qui se fait attaquer par Sailor White et Rick Valentine», se rappelle Laprade, coauteur de À la semaine prochaine, si Dieu le veut!, un siècle de lutte québécoise raconté par le menu détail.

«Les méchants l'étranglaient avec un cintre, l'écume lui sortait de la bouche. Pour un garçon de sept ans, voir son lutteur préféré avec de l'écume au bord de la bouche, c'est frappant. Ça s'est passé à Télé 7 ça!»

Et Hébert, d'ajouter, ému par l'anecdote de son collège: «La meilleure lutte, c'est celle que tu as regardée quand tu étais jeune.»

D'abord parue en anglais l'an dernier sous le titre Mad Dogs, Midgets and Screw Jobs -

The Untold Story of how Montreal Shaped the World of Wrestling, cette colossale brique enrichie d'un luxe de photos et de témoignages inédits rappelle que c'est la station sherbrookoise qui a consacré dans les années 70 le mariage historique et pérenne entre la lutte et la case horaire du dimanche matin.

«Paul Vachon, le promoteur de la Lutte Grand Prix, cherchait un lieu pour enregistrer son émission, mais aussi une antenne pour la diffuser, explique Laprade. Fernand Corbeil, le directeur de la programmation de Télé 7, n'avait pas vraiment de case libre. Paul, qui avait lutté pour la AWA de Minneapolis, où les émissions étaient diffusés le dimanche matin, savait qu'il y avait moyen d'avoir du succès à cette heure habituellement ingrate.»

Au détour de leur passionnant récit d'une histoire d'amour entre le peuple québécois et son sport-spectacle chouchou, Laprade et Hébert déboulonnent un mythe: ce n'est pas à Édouard Carpentier que l'on doit la paternité de cette glorieuse manière de signer ses émissions - À la semaine prochaine, si Dieu le veut! - qui résonne encore aujourd'hui par-delà le cercle des initiés de la lutte.

«C'est Jean Brisson, qui animait les émissions de la Lutte Grand Prix avec Édouard, qui utilisait la phrase. Quand Édouard est revenu en ondes avec Guy Hauray pour Les Étoiles de la lutte de la Lutte Internationale quelques années plus tard, il l'a reprise à son compte et popularisée.»Du théâtre extrême

Alors que le dernier chapitre de la version originale du livre se résignait à constater la mort clinique de la lutte locale, écrasée sous le poids du bulldozer de la WWE, sa version française revue et augmentée baigne dans la lumière de l'espoir, à l'aube de la mise en ondes le 1er décembre prochain d'une émission de la toute québécoise TOW sur RDS 2. Le dimanche matin, à part de ça!

«Ça a tellement longtemps été vendu comme un sport que les gens, quand ils ont su que c'était arrangé, se sont sentis floués», répond Laprade quand on lui demande pourquoi la lutte doit encore souvent essuyer quolibets et moqueries.

«Pourtant, quand tu regardes un film, tu ne te dis pas tout le long: 'C'est niaiseux, il ne meurt pas pour vrai!'C'est comme du théâtre, la lutte, sauf qu'on demande au spectateur de participer verbalement. Va au théâtre et commence à donner de la schnoutte aux comédiens, tu vas te faire sortir ce ne sera pas long. À la lutte, c'est encouragé. C'est ce qui fait de la lutte une forme théâtrale extrême.»

À retenir

À la semaine prochaine, si Dieu le veut!

de Pat Laprade et Bertrand Hébert

Éditions Libre Expression

En libraire dès maintenant

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