Quand le temps nous est volé

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Le temps a suspendu son vol et la belle histoire de Catherine Dionne et Stéphane Shannon s'est arrêtée abruptement lorsque la maladie a frappé.

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Charles Beaudoin

Il peut nous manquer, nous ennuyer, filer à vive allure, ou même jouer contre nous. Même s'il s'écoule inlassablement au même rythme pour tout le monde, le temps peut être perçu différemment.

Le temps peut nous prendre au dépourvu. Dans la jeune trentaine, mariée et heureuse mère de jumeaux de huit mois, Catherine Dionne a ainsi vu sa vie être bouleversée lorsqu'un médecin a diagnostiqué un cancer chez son mari Stéphane Shannon.

Dans la foulée qui a suivi le diagnostic, le couple a toujours fait preuve d'optimisme. Après tout, les traitements pour maîtriser la maladie étaient nombreux et le cancer de Hodgkin faisait partie de ceux qui affichaient un excellent taux de rémission. Les efforts étaient donc concentrés vers cet objectif et advenant que la première option ne soit pas la bonne, la seconde le serait.

Catherine Dionne précise que dans ces moments, le temps, à proprement parler, n'existait tout simplement plus, qu'elle fonctionnait au gré d'une routine dont elle n'avait pas pleinement conscience à l'époque.

« On dirait que du temps, il n'y en a plus. Il y a le jour, la nuit et les repas. Tout le temps que j'ai été en arrêt de travail et pendant les plus gros traitements de Stéphane, j'allais déposer les enfants à la garderie, j'allais voir Stéphane, je repartais chercher les enfants et je reparlais parfois à Stéphane en soirée. Le temps est juste passé. Je n'ai vraiment pas réalisé le poids de ce temps-là. J'ai des souvenirs, mais à ce moment, je ne pensais pas que c'était les derniers », explique-t-elle.

Car en octobre 2011, un jeudi après-midi, le médecin annonçait à Mme Dionne que le cancer s'en était pris au foie de M. Shannon et qu'il ne lui restait que tout au plus deux semaines à vivre.

Cinq jours plus tard, le 11 octobre, à l'âge de 33 ans, Stéphane Shannon s'est éteint.

En raison de l'incertitude, combinée à l'appréhension des derniers moments de son époux, Catherine mentionne aujourd'hui qu'il était difficile d'envisager le temps selon une perspective logique et rationnelle.

«Deux jours ou deux semaines, c'est un pronostic. Tu ne sais pas c'est quand concrètement, ça aurait pu être plus que ça. On se promenait dans le temps. Des fois, on se projetait dans le futur, on pensait aux funérailles. En même temps, on était avec lui dans le présent et on essayait que ce ne soit pas trop mal: qu'il ne souffre pas et qu'il ait vu les gens qu'il désirait voir.»

Aller de l'avant

Pour elle-même, la famille, les amis et les enfants maintenant âgés de trois ans et demi, Mme Dionne indique que le temps fait son oeuvre et que la vie suit son cours. Mais si le temps file, elle admet que les épreuves traversées avec son époux ont laissé leur empreinte sur sa façon d'aborder celui qui lui est imparti. Il ne s'agit pas d'arriver à tout faire, mais de se concentrer sur les choses qu'elle aime et les objectifs auxquels elle aspire.

«Une des choses que j'ai légèrement changées c'est que je n'attends plus, souligne-t-elle. On s'était dit qu'on voulait voyager, aller en Californie et en Italie. Ce n'est pas un sentiment d'urgence, mais les choses que j'ai le goût de faire et qui étaient aussi mon rêve à moi, je me donne les moyens de les réaliser. Le temps que je vais consacrer à des choses, je veux que ce soit des choses dont j'ai envie. Par exemple, prendre le temps de lire un livre aux enfants plutôt que d'essayer de gagner du temps sur mon travail. C'est plus ça qui me guide maintenant.»

Questionnée afin de savoir ce qu'elle ferait s'il lui était à nouveau permis d'avoir une journée avec son mari en santé, Mme Dionne s'accorde un moment de réflexion.

«Ça serait bien relax et bien tranquille, je crois... à notre image. Des activités dehors avec les enfants, un petit souper et s'il y avait une partie de hockey en soirée on l'écouterait sûrement même si c'était une partie enregistrée», dit-elle en esquissant un léger sourire.

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