Sur le fil entre l'offre et la demande

Mario Trépanier... (Imacom, Jessica Garneau)

Agrandir

Mario Trépanier

Imacom, Jessica Garneau

Partager

Ève Bonin
Ève Bonin
La Tribune

(Sherbrooke) Les directeurs des trois grandes salles de spectacle de Sherbrooke puisent les artistes à diverses sources pour bâtir leur calendrier. La Bourse Rideau est l'une d'entre elles, mais les agences de spectacles font aussi beaucoup de représentation directe auprès des diffuseurs, qui doivent trouver l'équilibre entre découverte et valeurs sûres.

La directrice du Théâtre Centennial, Luce Couture, a reçu dimanche dernier à Québec le Prix Rideau Reconnaissance 2013 pour son apport à l'avancement et au rayonnement de la diffusion des arts de la scène. Une belle reconnaissance pour celle qui s'applique à dénicher des spectacles de grande qualité, à l'avant-garde, tout en répondant à la mission pluridisciplinaire de sa salle. Rideau s'avère pour elle d'abord et avant tout un lieu d'échange.

«Je vais voir quelques spectacles, mais je les ai déjà ciblés à l'avance. J'y vais surtout pour rencontrer les gens et essayer de convaincre quelques-uns de faire le circuit avec moi. Les artistes reçoivent des subventions de tournée s'ils présentent leur spectacle dans au moins trois villes différentes. La difficulté, c'est que si on est seuls à les faire venir, ça nous coûte plus cher parce qu'ils n'ont pas l'aide à la tournée.»

En plus d'aller voir des spectacles un peu partout en province et de sélectionner ses artistes avec l'appui de son comité de programmation, Luce Couture reçoit énormément d'offres de la part des agences de spectacle, tout comme Mario Trépanier, du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke. «C'est surtout les producteurs qui nous contactent mais ça peut aussi venir des artistes parfois. Ce qui dicte nos choix, c'est l'équilibre et la mission. On doit couvrir plusieurs disciplines, plusieurs groupes d'âge, on part donc avec ça en tête. »

Alain de Lafontaine, directeur du Théâtre Granada, bâtit quant à lui sa programmation selon ses goûts personnels, mais aussi selon les demandes du marché. «On n'est pas tenus de remplir une mission comme au Centre culturel et au Centennial. Ça a le désavantage qu'on n'a pas de subventions, mais l'avantage qu'on a plus de liberté.»

Selon lui, les trois grandes salles de Sherbrooke sont bien considérées au niveau du marché, et leurs directeurs s'entendent bien, ce qui permet à tous de développer un créneau bien défini. À la direction du Théâtre Granada depuis 10 ans, il est heureux d'avoir pu bâtir une collaboration avec des artistes devenus des inconditionnels de la salle. «Quand je suis arrivé, tout était pris, alors j'ai développé Patrick Watson, Louis-Jean Cormier, Coeur de Pirate, Pierre Lapointe. Il y a 10 ans, ils étaient des débutants.»

Une période difficile

Attirer le public vers un produit culturel n'est pas une mince tâche en 2013, et cela entraîne des choix plus prudents de la part des diffuseurs. «On est dans une ère de coupes, donc on va aller beaucoup plus chercher les valeurs sûres qu'auparavant. On va y aller mollo avec les spectacles ''risqués''. C'est la tendance, au moins pour les quelques prochaines années», explique Luce Couture.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer