Branché jour et nuit

Un récent rapport sur l'innovation de la compagnie Rogers Communications,... (Imacom, Jessica Garneau)

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Imacom, Jessica Garneau

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Ève Bonin
Ève Bonin
La Tribune

Un récent rapport sur l'innovation de la compagnie Rogers Communications, commandé par la firme Vision Critical, fait état d'une histoire d'amour pour le moins intense entre les Canadiens et leur appareil de téléphonie mobile ou leur tablette intelligente. Effectué en vue de dégager les principales tendances et prédictions technologiques, le rapport révèle une hausse importante de la nomophobie.

La nomophobie fait référence à l'état de stress intense qui s'empare de l'utilisateur privé de son téléphone intelligent, ou plus largement de son accès à Internet. La cyberdépendance gagne du terrain chez les technophiles, qui ont désormais accès à leur addiction en tout temps, tous lieux, grâce à ce précieux trésor qui les accompagne jour et nuit, selon les résultats du rapport.

Au Québec, pas moins de 64% des utilisateurs se sentiraient démunis sans leur accès au Web. Le rapport dévoile même que la moitié des Québécois dorment avec leur cellulaire, et que plus de 75% d'entre eux l'utilisent quand ils sont à la salle de bains. Les nombreuses applications et commodités offertes par les appareils mobiles semblent séduire les Canadiens au point où ils ne peuvent plus, dans une large proportion, s'en passer.

Le problème ne semble pas avoir été porté à l'attention du Centre de réadaptation en dépendances et santé mentale de l'Estrie, où l'on traite les cyberdépendances en général, peut importe l'outil d'accès à Internet. À l'organisme Élixir, dédié à la prévention des dépendances auprès des femmes, l'intervenante Sylvie Brunelle constate en effet une addiction aux téléphones intelligents, non seulement chez la clientèle mais aussi dans l'équipe de travail.

«Les gens ne se présentent pas pour une dépendance au cellulaire, mais on le constate dans nos rencontres avec la clientèle. Tout le monde a son téléphone, tout le monde texte, on est obligés de rappeler à l'ordre. Et quand on siège sur des tables sectorielles, on le voit aussi chez d'autres intervenantes!»

Sylvie Brunelle y voit un phénomène de distanciation avec la réalité. «L'impression que la vie se déroule sans qu'on y participe, l'impression qu'on est en train de manquer quelque chose, c'est ce qui nous pousse à ouvrir notre téléphone, à communiquer avec quelqu'un par texto. La même chose pour les tablettes, par ailleurs. On a l'impression que si on range ça, on est en train de manquer quelque chose. Ça a comme impact de nous empêcher de vivre le présent, tant sur le plan du travail que des relations personnelles.»

Comme pour toute dépendance, certaines étapes s'imposent si on veut réduire notre utilisation des appareils électroniques mobiles. «En premier lieu on doit être conscient qu'on a un problème, puis chercher ce qui nous rend dépendant à ça». Une bonne façon de le faire, selon elle, consiste à noter l'utilisation qu'on en fait, et à quelle fréquence.

Elle suggère aussi de se discipliner, en se donnant des plages d'utilisation précises et fixes. On peut aussi délaisser la toile et participer à des activités «bien réelles», dit-elle. «Cette dépendance nous donne l'illusion qu'on est en relation avec des gens. Quand on sent le besoin de se connecter pour parler avec quelqu'un, pourquoi ne pas se donner rendez-vous pour prendre un café?»

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