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Travailleurs communautaires à bout de souffle

Co-directeur du Regroupement des organismes communautaires de l'Estrie,... (Imacom Jocelyn Riendeau)

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Co-directeur du Regroupement des organismes communautaires de l'Estrie, Christian Bibeau constate un certain essoufflement chez les travailleurs de ce milieu, et une volonté de réfléchir à des solutions.

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Les organismes communautaires sont souvent le dernier recours des gens en difficulté. Comme les besoins à ce niveau sont de plus en plus fréquents et de plus en plus lourds, et que les ressources affectées à ces organismes se révèlent insuffisantes, les travailleurs de ce milieu peinent à répondre à la demande et finissent bien souvent par craquer eux-mêmes.

Christian Bibeau, co-directeur du Regroupement des Organismes Communautaires (ROC) de l'Estrie confirme qu'une étude sur cette problématique est en cours dans la région.

«Il y a en ce moment une réflexion qui se fait dans le milieu communautaire au sujet de la santé mentale en général des travailleurs-travailleuses. C'est un constat, souvent nos travailleurs donnent énormément, mettent beaucoup d'énergie, mais à la toute fin ils ont peu de soutien.»

«Dans le milieu communautaire, on a un discours très précis: prendre soin des gens, leur redonner du pouvoir sur leur vie, faire de la prévention. On s'est rendu compte qu'on ne l'appliquait pas nous-mêmes. On voit un grand nombre de congés de maladie, on constate de la fatigue. L'idée de l'étude est de démontrer l'ampleur de ce phénomène, pour qu'on puisse prendre les moyens pour que ça arrête.»

Les gens travaillant dans ce milieu présenteraient, selon lui, un profil particulier qui fait en sorte qu'ils courent souvent vers l'épuisement. «C'est souvent des gens qui vont avoir tendance à vouloir donner beaucoup, des gens qui ne compteront pas nécessairement leurs heures.»

«Il y a une espèce de préjugé qui existe sur ce milieu, alors que souvent dans les organismes les gens vont travailler au détriment de leurs propres conditions de vie. Ça inclut la santé mais ça inclut aussi la question des revenus», explique encore Christian Bibeau.

Les organismes eux-mêmes éprouvent d'ailleurs des problèmes de financement, ce qui contribue à alourdir la tâche de leurs employés.

«Les organismes étant un peu fragilisés, ils perdent énormément d'énergie à la recherche de financement. Pendant qu'on est en train d'organiser un souper bénéfice ou de remplir des demandes de subvention, pendant qu'on fait de la reddition de comptes, etc., on n'est pas dans notre milieu, à faire de la prévention et à travailler auprès de la population, ce qui met de la pression sur le reste de l'équipe.»

Un milieu sensible à la problématique

Christian Bibeau constate tout de même des efforts consentis par les organismes pour supporter leurs ressources humaines. «Il y a une réelle volonté des organismes de prendre soin de leur monde, d'offrir des conditions de travail qui ne seront pas nécessairement basées sur le salaire, mais par exemple sur une conciliation famille-travail, qui vont permettre une certaine flexibilité pour que les travailleurs prennent soin d'eux-mêmes.»

«Ils prévoient généralement du temps pour que leurs employés puissent refaire le plein. Tout le monde le fait ou à peu près. Si on regarde les contrats de travail dans le communautaire, ils sont avantageux à bien des égards. Cependant le travail est imposant, et ça s'alourdit d'année en année. Il y a des éléments qui sont en place, mais il n'y a pas de suivi systématique ou de ressources particulières qui existent pour vérifier si les employés sont sur le bord du burn out ou pas.»

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