C'EST PAS LA FIN DU MONDE!

Une idée vieille comme le monde

Le professeur Rodolfo Felices Luna enseigne l'Apocalypse à... (COURTOISIE UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE)

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Le professeur Rodolfo Felices Luna enseigne l'Apocalypse à la Faculté de théologie et d'études religieuses de l'Université de Sherbrooke.

COURTOISIE UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE

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«L'idée d'une fin du monde est vieille comme l'humanité», dit Rodolfo Felices Luna, professeur à la Faculté de théologie et d'études religieuses de l'Université de Sherbrooke. La version décrite dans l'Apocalypse date d'Israël, de la période biblique, mais depuis toujours l'humain a craint la fin de son écosystème.»

«Dans les textes les plus vieux de l'humanité, qui sont apparus en Mésopotamie (présentement l'Irak), on a déjà des textes qui parlent du déluge. Dans des textes polythéistes, les dieux avaient décidé d'éradiquer l'humanité parce qu'elle menait trop de vacarme. Ça les énervait. Pour les éliminer ils ont essayé plusieurs méthodes; la famine, la sécheresse, et finalement ils se décident à inonder la Terre.»

«Il y a toujours derrière ça une espèce de crainte de l'environnement, mais dans les mythes de l'Antiquité, c'est en-dehors du contrôle de l'humain, tandis qu'aujourd'hui avec notre capacité technique nous pouvons beaucoup plus sentir que nous avons une influence sur notre environnement, le dégrader nous-mêmes.»

Une lecture intéressante quand on pense aux cataclysmes prédits par les plus pessimistes, et qui viendraient en quelque sorte punir l'humanité pour son irresponsabilité envers son écosystème.

Selon Rodolfo Felices Luna, le livre de l'Apocalypse, dans la Bible, est souvent mal interprété. «L'apocalypse a bien mauvaise presse, c'est déformé de toutes sortes de façons. On l'a lu comme un livre qui décrit la fin du monde, mais notre lecture est biaisée. Le mot «apocalypse» veut dire «dévoilement», et c'est neutre. Ça veut dire le dévoilement de ce qui est caché.»

«On essaie de décoder les images et les symboles pour lire ce qui va se passer, et le scénario qui est retenu par les gens, même ceux qui ne l'ont pas lu, c'est la destruction du monde. Mais si on recule il y a 2000 ans, ce que les apocalypticiens espèrent, ce n'est pas la fin du monde comme milieu de vie ou comme écosystème, mais c'est plutôt la fin de l'Histoire humaine.»

Les textes de la période dite apocalyptique, qui s'échelonne du 2e siècle avant J.C. au 2e siècle après J.C. illustrent selon lui un certain découragement face à l'Histoire du monde. «C'est toujours le plus fort qui gagne, un empire qui succède à un autre, et les petits sont toujours écrasés. Pendant la période apocalyptique, les gens ont perdu cette espérance que l'humanité s'en sorte et que sur Terre on puisse avoir un bon gouvernement, une bonne entente, de la justice. Et c'est là qu'ils espèrent une intervention de Dieu, qui va être favorable aux petits, aux exploités, aux opprimés.»

Une lecture qui, étrangement, rejoint un peu la vision des gens convaincus que le 21 décembre annonce l'arrivée d'une nouvelle ère plus juste et harmonieuse pour l'humanité...

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