Oser s'établir sur Wellington Sud

Jason Kacprzak fréquentait la rue Wellington Sud du... (Imacom René Marquis)

Agrandir

Jason Kacprzak fréquentait la rue Wellington Sud du temps de ses études, et a voulu, en établissant son commerce ici, prendre position et contribuer à sa revitalisation.

Imacom René Marquis

Partager

Un an près avoir fait le pari d'établir son restaurant sur la rue Wellington Sud, le chef propriétaire du Bistro Kapzak, Jason Kacprzak, ne regrette pas une minute sa décision. «Quand j'allais à l'université Bishops, c'est Wellington Sud qui marchait. J'aimais ça, et je veux aider à essayer de ramener ça. C'est un petit défi supplémentaire.»

Autrefois derrière les fourneaux du Méchant Steak, du côté nord de la rue, Jason Kacprzak s'est attiré des regards sceptiques en décidant de traverser la rue King pour faire des affaires. «Il y avait de gens qui me trouvaient weird d'ouvrir ici.»

Il avoue que certains se montrent encore réticents à aller casser la croûte dans ce secteur. «J'ai déjà eu des clients qui ont appelé pour réserver et qui demandaient où se stationner parce qu'ils ne voulaient pas aller sur Well Sud. Ils voulaient savoir aussi si le chemin vers le parking était safe le soir. Mais oui, c'est safe. Ça a l'air malpropre, mais y a pas de danger. Je n'ai jamais eu de problèmes.»

Pour attirer d'autres entrepreneurs comme lui, il croit que certaines actions devraient être entreprises. «Il faudrait investir dans le look des buildings, enlever les graffiti, les choses brûlées, pour encourager les gens à s'installer ici. Comme entrepreneur, si ça te coûte 1000 $ de plus que sur Wellington Nord pour rénover ta façade, t'as pas le goût d'investir ici.»

«On pourrait peut-être forcer les propriétaires, avec une amende, à refaire leur devanture. Il faudrait quasiment que la Ville donne des incitatifs aux entrepreneurs pour s'installer ici. Pas en argent, mais un rabais sur les permis, les taxes. Ça serait encourageant.»

Le Bistro Kapzak offre une cuisine fusion, entre l'Europe de l'Est (surtout la Pologne) et le Québec. «On est hors du commun! C'est une autre raison pourquoi on est sur Wellington Sud, on est un restaurant un peu «bâtard». (rires)

Un resto inhabituel, donc, sur une rue qui l'est tout autant - pour l'instant. Comment entrevoit-il le développement de la rue? «Comme la Wellington Nord, avec des petits commerces, des restaurants, quelques bureaux. Il y a quand même de très beaux buildings ici, qui ont juste besoin d'être rénovés.»

Une bulle de joie de vivre qui attire les curieux

Installé depuis septembre au bout de Wellington Sud, dans un local ayant déjà servi à une autre école de danse, Swing Sherbrooke apprivoise lentement sa nouvelle rue. Karine Létourneau, qui siège sur le conseil d'administration de l'organisme voué à la danse swing, dit être très heureuse du choix de cet emplacement.

«Ça se passe très bien! Les anciens locataires nous avaient donné des conseils au sujet des gens qui habitent près du local, et finalement ce sont des gens très gentils, très sympathiques qui habitent dans le coin.»

Encore une fois balayé, donc, le préjugé à l'endroit de la faune des environs. Karine Létourneau confie d'ailleurs qu'ils se montrent curieux et intéressés envers leurs nouveaux voisins. «Pendant nos soirées de danse, on a souvent des spectateurs qui nous regardent par les fenêtres. Si ça met du soleil dans leur vie, tant mieux!»

Elle songe d'ailleurs à organiser un événement portes ouvertes, puisque certains spectateurs improvisés ne semblent pas conscients de la notion de lieu privé et n'hésitent pas à entrer pour admirer les prouesses des danseurs... «Ils viennent nous dire: c'est beau de vous voir danser!»

Elle croit que la présence de l'organisme dans le secteur aura un effet bénéfique sur les gens qui le fréquentent. «Le monde du swing, ça ne boit pas beaucoup d'alcool, ça dégage une énergie positive, une joie de vivre.»

Pour attirer d'autres organismes du genre, elle juge aussi qu'un effort devrait être consacré à la rénovation des devantures d'édifices. «Si les façades étaient plus belles, moins délabrées, ça attirerait plus de monde.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer