Une rue en manque d'amour

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Depuis l'adoption du plan de réaménagement urbain touchant le quadrilatère des rues Dépôt, King Ouest, Wellington Sud et Aberdeen en 2004, de nombreux efforts ont été consentis par la Ville de Sherbrooke pour améliorer ce secteur. Mais malgré les montants investis, la Ville fait face à des propriétaires négligents, ce qui mine le succès des initiatives de revitalisation.

«Ce qu'on réalise aujourd'hui c'est qu'il y a une problématique d'entretien des propriétés privées par les propriétaires», dit René Girard, chef de la Division de l'urbanisme, des permis et de l'inspection à la Ville de Sherbrooke. «Les mêmes efforts sont consacrés du côté nord que du côté sud, mais au nord on a des propriétaires plus soucieux d'aider au redéveloppement de la rue.»

«La Ville agit de la même façon et a même agi davantage, par cette planification qu'on a faite pour le côté sud, et par des changements importants: le Centre des arts de la scène, la gare, etc. C'est beaucoup d'argent qui a été investi dans les projets qu'il y a autour.»

La Ville hésite à investir davantage dans une rue où la collaboration des propriétaires est loin d'être acquise. «À côté du Centre des arts de la scène, on voit le trottoir avec la bande végétale, si on se l'imaginait tout au long de Wellington Sud ça changerait complètement. Ça peut être envisageable le jour où on aura suffisamment d'indices de la part des propriétaires pour être capables d'accompagner ça. Sinon on va juste cacher ce qui n'est pas beau.»

Un programme d'aide à la rénovation des bâtiments et locaux commerciaux est à la disposition des propriétaires, par lequel la Ville finance 30 pour cent des travaux de façade et de structure, jusqu'à concurrence de 50 000 $. Jusqu'ici, 11 propriétés sur environ 35 en ont bénéficié sur la rue Wellington Sud. La Ville a injecté 694 000 $ dans ces projets, pour des investissements totaux de près de 3 millions $.

Selon René Girard, les bâtiments inoccupés et les terrains vacants ont un impact sur les habitudes des passants. «On voit les trous, normalement il ne devrait pas y avoir d'espace entre les vitrines sur une rue commerciale. De façon naturelle, quand les gens marchent, ils vont perdre l'intérêt et vont tourner de bord.»

«La Ville a des pouvoirs pour acheter des immeubles pour faire le développement. Mais c'est beaucoup d'argent. Pour l'instant on ne va pas jusqu'à ces moyens là, par rapport à l'ensemble des priorités, c'est difficile de faire le choix d'aller vers ça. Dans notre système on doit faire confiance, jusqu'à un certain point, aux propriétaires.»

Un nouveau plan directeur, développé avec Commerce Sherbrooke et nommé le plan 2020, devrait voir le jour au cours des prochaines années et permettra de réévaluer ces problématiques. Selon René Girard, pour une ville de la taille de Sherbrooke, il est tout à fait envisageable que la rue Wellington Sud soit aussi vivante que sa soeur du Nord.

«Dans un centre-ville, la «rue commerciale ludique» peut facilement avoir cette distance. Si on prend par exemple à Trois-Rivières, la rue Desforges, la partie animée, c'est au moins une distance aussi grande que notre rue Wellington à partir de Dépôt jusqu'à la rivière Magog. Donc, ce n'est pas prétentieux ou irréaliste de penser que les deux sections de la rue pourraient être très dynamiques.»

Avis de recherche

Pour illustrer le cas des propriétaires négligents, prenons le cas de l'ancien Maysen Pub, incendié il y a un an, et dont la Ville a réclamé la démolition en s'adressant aux tribunaux. Le fait est que le propriétaire demeure, à ce jour, introuvable...

«On a un nom, pas d'adresse, pas de coordonnées. On a passé un avis dans le Journal de Montréal et il doit nous revenir au plus tard le 4 janvier, sinon on va démolir. Donc, ça va être aux frais de qui? Il faut le retrouver, c'est sa propriété, normalement ce n'est pas la Ville qui doit payer pour démolir», dit René Girard de la Division de l'urbanisme.

«On prend des moyens que les gens ne voient pas nécessairement. L'avis public pour trouver le propriétaire du Maysen, le citoyen n'a pas vu ça. C'est beaucoup d'efforts de la Ville pour en arriver là. Ça, ça veut dire qu'il y a un juge qui a ordonné la démolition, il a fallu se rendre jusque-là. C'est de l'argent, passer des avis publics pour trouver le propriétaire. Et là c'est juste pour démolir, on l'a pas remplacé le bâtiment!»

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