Air sain, coeur en santé

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Jean-Pierre Quirion

Indirectement ou directement, les maladies cardiovasculaires touchent tout le monde. Les facteurs de risque classiques sont connus depuis belle lurette: hérédité, cholestérol, hypertension, diabète et tabagisme. Les moyens pour demeurer en santé sont véhiculés sans arrêt, et même si on ne les applique pas, nous les connaissons par coeur: manger mieux et bouger plus. Mais nous pourrions très bien ajouter... respirer sainement.

Dans le cadre de son 30e anniversaire, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) s'arrête à Sherbrooke dans le cadre d'une tournée provinciale. Cette soirée grand public est ouverte à tous ce jeudi 8 novembre, à 19 heures, au Musée de la nature et des sciences. Plusieurs invités prononceront des conférences, dont le cardiologue François Reeves.

Le docteur Reeves est l'auteur du livre Planète coeur - Santé cardiaque et environnement. Il y explique le lien direct entre le taux de pollution atmosphérique des villes et le niveau élevé des accidents cardiovasculaires qu'on y dénombre.

«Je suis un cardiologue d'urgence qui débouche des artères et qui réanime des gens qui font des morts subites. Quand tu reçois un appel d'urgence à 2 h du matin, tu finis par te demander ce que tu pourrais faire pour éviter ces situations.»

À force de recherches et de lectures, le Dr Reeves a établi un lien direct entre pollution atmosphérique et accidents cardiovasculaires. «La Révolution industrielle a été salutaire pour nous sortir des grandes épidémies et ajouter du confort à nos vies. Mais elle a aussi ajouté au fil des années de nombreux polluants dans l'air.»

Ces nano-agresseurs attaquent notre système respiratoire et nos vaisseaux sanguins. «Dans les grandes villes industrialisées de Chine, l'incidence d'accidents cardiovasculaires est sept fois plus importante qu'aux États-Unis. Les usines chinoises brûlent du gros charbon sale et le taux de maladies cardiovasculaires augmente.»

Le docteur François Reeves arrive à la même conclusion pour l'Amérique du Nord. «Les quartiers pauvres sont souvent plus près des usines et des autoroutes que les quartiers riches. Les moins bien nantis respirent donc davantage de nano-agresseurs polluants, ils sont plus à risque.»

Des solutions

Il n'est évidemment pas question de retourner en arrière et s'éclairer à la chandelle. «L'urbanisme est archi-important. Il faut favoriser les déplacements qui ne polluent pas et encourager la marche à pied et le vélo. Les espaces verts et les arbres sont essentiels pour l'hygiène d'une ville. L'industrialisation de la nourriture joue également pour beaucoup dans notre taux élevé de maladie cardiovasculaire.»

Docteur Reeves pointe ici du doigt trois éléments omniprésents dans notre bouffe. «Il y a vraiment beaucoup trop de sel, de sucre (fructose/glucose) et de gras trans ajoutés à la nourriture. Je suggère de lire les étiquettes, de manger frais et local, de diminuer la quantité de viande et d'éviter la bouffe industrielle.»

Jeudi soir, le docteur Reeves prendra une vingtaine de minutes pour résumé son livre. Il sera accompagné d'autres conférenciers, dont le vice-recteur du développement durable de l'Université de Sherbrooke, Alain Webster, qui fera état des interactions entre l'écologie et l'économie dans les changements climatiques.

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