Chaîne humaine autour du lac des Nations
La Paix, qu'est-ce que c'est?
Le 21 septembre marque la Journée internationale de la Paix. Grâce à quatre ambassadeurs aux grands coeurs ayant déjà créés des liens, Sherbrooke enverra dans l'univers une série d'ondes vibrantes de paix, donnant l'exemple au monde entier.
Pierre Viau se présente ainsi comme un artisan de la paix. C'est à lui que l'on doit le Festival de la Paix de Victoriaville qui se déroule du 20 au 23 septembre. C'est à lui également que revient le choix de l'organisatrice de la Journée de la Paix à Sherbrooke, Josée Godbout. Le président des AmiEs de la Terre, André Nault, a toujours rêvé de rassembler suffisamment de monde pour former une chaîne humaine autour du Lac des Nations. Le directeur de la Fédération des Communautés culturelles de l'Estrie, Boubacar Cissé, ajoute un sens interculturel à cette chaîne humaine.
Lorsqu'on passe quelques minutes en compagnie de ces quatre personnes, on revient chez-soi rayonnant... et en paix avec soi-même.
Mais qu'est-ce donc que la Paix? D'où part-elle? Pour certains, la Paix est un état, pour d'autres, un lieu. Tour d'horizon.
Pierre Viau
Artisan de la paix
«La Paix est un projet collectif. Par définition, c'est un espace entre deux guerres. Mais c'est fragile, on peut la perdre facilement», explique Pierre Viau, ajoutant que sa démarche se veut positive et constructive.
«Je parle depuis quelques années déjà de Paix durable. Tout ça a commencé dans les années 90. Je louais des kiosques dans différents salons d'expositions. J'invitais des vedettes et des organismes à venir faire la promotion de la paix. Les organisateurs étaient contents, parce que les vedettes, ça attire des visiteurs, alors ils me prêtaient souvent le kiosque gratuitement.»
Pierre Viau affirme, le sourire en coin, qu'il s'installait à proximité de l'armée, son compétiteur. En 2001, il déménage à Sherbrooke et crée le mur de la Paix à la vieille prison Winter. «Je veux créer des événements de Paix dans les régions. Par exemple, à Sherbrooke, on développe la paix interculturelle, ce qu'on ne peut pas faire à Victoriaville, puisqu'il y a peu d'immigrants. Je suis un humaniste, nos événements sont apolitiques et non religieux.»
Le samedi 22 septembre, les Sherbrookois de toutes origines sont conviés à former une chaîne humaine interculturelle autour du lac des Nations, en se tenant par la main. «J'ai trois objectifs avec cette chaîne. Premièrement, faire de ce rassemblement un lieu de rencontre entre les Québécois de souche et les immigrants. On va véritablement donner un sens au mot Nations dans lac des Nations. Deuxièmement, je voudrais qu'on réalise que nous avons davantage de ressemblances que de différences entre nous: nous aimons la musique et nos enfants, par exemple. Enfin, je crois que nous formerons un village de 3500 âmes autour du lac des Nations.»
Pour résumer ses propos, Pierre Viau termine en disant que «si un jour il arrive une guerre, je veux qu'on se souvienne qu'on s'est déjà tenu par la main.»
Boubacar Cissé
Directeur de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie
Boubacar Cissé a quitté son Sénégal natal il y a 30 ans. Après trois années dans la ville de Québec, il vient s'installer à Sherbrooke. «La Paix est un endroit où l'on peut avoir des opinions et les exprimer la conscience tranquille. La Paix, c'est un endroit où il fait bon vivre. Sans Paix, il y a du grabuge et il n'y a pas de joie de vivre.»
Militer dans la paix, c'est une implication citoyenne. «La paix commence par un voisinage respectueux. Sinon, il y a un mal de vivre», raconte cet homme qui a traversé l'Atlantique et trouvé un voisinage à son image dans la Ville Reine des Cantons-de-l'Est.
Mais pour Boubacar Cissé, propager la paix signifie plus que vivre en bons termes avec son voisin. «Tout le monde a le pouvoir d'amener un peu plus de paix sur Terre. La surconsommation a des effets négatifs sur la planète. La guerre des ressources frappe fort en Afrique. Les occidentaux alimentent ces guerres pour avoir accès aux ressources naturelles de certains pays. On ne peut pas parler de paix sans parler d'ouverture d'esprit.»
Concernant la chaîne humaine interculturelle du samedi 22 septembre autour du lac des Nations, Boubacar Cissé croit que l'occasion permettra de montrer la paix à travers les races et les religions. «On met souvent l'accent davantage sur nos différences que sur nos ressemblances. La chaîne humaine interculturelle va montrer le rapprochement. Ça va véritablement donner un nouveau sens au nom lac des Nations.»
André Nault
Président des AmiEs de la Terre
André Nault milite pour le mieux-être collectif. Que ce soit en lien avec la nourriture, le transport ou la consommation, il s'informe et ne parle jamais à travers son chapeau. Il a de grands idéaux, mais aussi des moyens simples pour les appliquer au quotidien.
«Gandhi disait: Vivre simplement pour que les autres puissent simplement vivre. La consommation, et surtout la surconsommation, ont des impacts mondiaux. Ça provoque un déséquilibre entre les pays, donc entre les humains.»
André Nault croit que vivre plus simplement donne la capacité de s'ouvrir aux autres. «Le bonheur est à l'intérieur, pas grâce à la consommation. Si tu dois travailler comme un forcené pour te payer un bateau et l'essence nécessaire pour le faire avancer, tu passes peut-être à côté de petits bonheurs qui amènent une paix intérieure.»
Et que pense-t-il des chandails abordables qui nécessitent peu de dépense pour le consommateur québécois? «Quand on achète des t-shirts à deux dollars, on encourage une industrie étrangère qui exploitent des humains qui ne peuvent pas vivre en paix.»
«Ça fait six ans que je rêve de former une chaîne humaine interculturelle autour du lac des Nations. J'avais essayé avec les écoles secondaires, mais la bureaucratie était trop lourde, ça a finalement flopé. On l'a essayé le 22 avril dernier dans le cadre de la Journée de la Terre, mais il ne faisait vraiment pas beau. J'espère que cette fois sera la bonne. J'ai envie de dire qu'à Sherbrooke, on a relevé le défi», explique l'homme pour qui la couleur de la peau n'est qu'un simple adon.
Josée Godbout
Organisatrice de la Journée de la Paix à Sherbrooke
Pierre Viau a contacté Josée Godbout après avoir vu sa photo sur le site plogg.ca pour lui demander d'organiser la Journée de la Paix à Sherbrooke. Il avait vu juste, ressenti les bonnes vibrations, car elle a accepté.
Josée Godbout occupe son quotidien en faisant de l'accompagnement stratégique professionnel et personnel. Elle se présente comme un catalyseur de potentiel à travers sa compagnie Drive Leadership & Coaching.
«L'absence de guerre ne veut pas dire automatiquement Paix. La paix demande un engagement personnel. Si je veux la paix, ça demande de revenir à l'intérieur de soi.»
Si vis pacem, para bellum ou en français Si tu veux la paix, prépare la guerre. Josée Godbout n'y croit pas du tout. Elle préfère citer Ganghi qui disait: Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. «Dans la paix, il y a un aspect collaboratif. Ça prend une inclusion.»
Josée Godbout s'inclut donc dans le projet de chaîne humaine interculturelle. «J'ai l'impression de contribuer au rêve de quelqu'un», dit-elle en faisant référence à André Nault. J'aimerais que le plus de politiciens possible participent. Je les verrais bien fumer le calumet de la paix ensemble. Il me semble que ce serait un bon point de départ pour la paix que de les voir ainsi réunis», explique-t-elle, rappelant du même coup la présence à Sherbrooke du chef héréditaire algonquin Dominik Rankin qui lancera la cérémonie de la chaîne humaine interculturelle.