La célébrante de mariage civil unit chaque année une quarantaine de couples par été. Le nombre d'invités varie, de quatre à soixante, de même que le niveau d'intimité, et ce, même au palais de justice.
Au cours des trois dernières années passées au palais de justice de Sherbrooke, Gabrielle Tony-Fournier a assisté à tous les types de mariage. Certains très sobres, où l'on traite l'événement avec beaucoup de sérieux, d'autres plus loufoques alors que l'accent est mis sur la fête.
«Il y a eu un Marocain qui dansait en arrivant sur l'allée, se remémore la greffière-célébrante. Une autre fois, avant l'échange de consentement, il fallait qu'ils demandent est-ce que vous aimez le beurre d'arachides? Il y a même des gens qui arrivent costumés. J'ai même déjà vu une cérémonie de marche nuptiale en chats.
«C'est merveilleux de voir la liberté qu'ont les gens à travers tout cela pour décider dans quoi ils sont bien. Si l'ambiance est déjantée et que ça rigole beaucoup, je vais généralement faire des blagues avec eux, me mettre à rire», raconte encore Gabrielle Tony-Fournier.
La greffière adore cette partie de son travail qui est probablement la plus joyeuse de toutes. Elle avoue se laisser souvent émouvoir par les témoignages lors de mariages plus traditionnels.
«Le conseil que je pourrais donner aux futurs mariés, c'est de personnaliser autant que possible leur mariage pour maximiser l'expérience et en avoir une des plus agréables», note-t-elle.
Souvenirs inspirants
Lors des mariages qu'a officialisés madame Tony-Fournier, il lui est arrivé d'assister à des participations plus spéciales de témoins, dont un particulièrement loufoque.
«Il lisait un livre, était déguisé, parlait une langue étrange qui n'était pas du français. Ça ressemblait à un truc de leur cours de philosophie et il avait des lunettes de soleil. C'était particulier et très théâtral, mais ça semblait être une blague entre eux», se souvient-elle.
Le plus beau mariage que la Sherbrookoise ait célébré était cependant celui d'un couple homosexuel d'une quarantaine d'années. Le tout était filmé, car les parents de l'un des mariés étaient aux États-Unis.
«Leurs voeux étaient tellement beaux. C'était extrêmement touchant, tout transpirait l'amour dans leur discours», confie celle qui avoie développer parfois un lien de complicité avec les époux lors de plus longues cérémonies.
Tout pour donner envie à Gabrielle Tony-Fournier de convoler un jour à son tour...