«Certains membres désirent principalement informer sur les alternatives possibles pour contrer le déficit démocratique, d'autres tiennent à dénoncer la collusion et la corruption du gouvernement actuel, accumulant les scandales. Nous voulons aussi être en phase avec ce que les citoyens nous diront », explique le porte-parole de Projet démocratie et professeur de philosophie au cégep de Sherbrooke, Mathieu Lavoie.
La création de cette organisation est en lien direct avec la mise en place de la loi 78, qui demeure pour plusieurs un enjeu démocratique. Parmi les points au mandat que s'est donné Projet démocratie figure évidemment la dénonciation du lobbyisme grandissant, mais également la nécessité d'encourager les jeunes à voter. On désire également collaborer avec la population en général et être reconnu comme parti politique par le Directeur général des élections afin d'avoir les moyens d'intervenir sur la place publique.
«Nous sommes encore en recherche et en réflexion, mais nous croyons entre autres que le système de vote uninominal majoritaire à un tour participe au déficit démocratique. Il ne donne aucune chance aux petits partis d'avoir des élus et fait fi du pourcentage concret de vote pour chaque parti», continue M. Lavoie.
Rappelons que le gouvernement libéral de Jean Charest a été élu de façon majoritaire en 2008 avec 42 pour cent des voix, et ce avec un taux de participation de 57,3 pour cent, le plus bas taux de participation depuis 1927. La participation moyenne au Québec se situe habituellement au-dessus de 70 pour cent. Lors du référendum de 1995, le record de participation avant été battu avec un taux de 93,52 pour cent. Projet démocratie soumet d'ailleurs l'idée de référendum populaire afin d'accroitre le pouvoir décisionnel de la population.
Pour Projet démocratie, l'attitude des libéraux est inquiétante, fait-on valoir, rappelant que le 22 de chaque mois depuis mars dernier, des centaines de milliers de personnes manifestent dans les rues, du jamais vu au Québec. Malgré tout, le gouvernement refuse d'écouter et négocier sérieusement, lui reprochent les membres de Projet démocratie.
«Ça semble être du mépris envers les citoyens. La ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre a même dit quasiment mots pour mots que, pour elle, la démocratie, ça se résume à voter une fois aux quatre ans et qu'en dehors de cela, on devrait s'en remettre entièrement aux élus. Ça prouve que la démocratie ne se porte pas très bien», note Mathieu Lavoie.