Il faut d'abord préciser qu'une représentante de Santé Canada, lorsqu'il a interrogé par La Nouvelle, n'a pu confirmer aucun cas directement relié avec les sacs réutilisables.
«Évidemment, nous ne pouvons relier directement les cas aux sacs réutilisables, mais il y aurait déjà 11 millions de cas de maladies d'origine alimentaire par année au Canada. Il faut aussi préciser que dans la grande majorité des cas, ces maladies sont accompagnées de symptômes mineurs tels que nausées, vomissements et diarrhée, et ne sont par conséquent jamais déclarées», explique la porte-parole de Santé Canada, Olivia Caron.
Ainsi, selon Santé Canada, il serait important de mettre la viande à part dans un sac en plastique pour éviter que du jus coule dans le sac. De plus, viandes, poissons et volailles doivent être placés dans un sac ou bac différent que les fruits et légumes.
Lorsqu'il y a des produits frais dans les sacs, on devrait par la suite les laver avec de l'eau chaude savonneuse et bien les sécher avant utilisation. Les fruits et légumes devraient aussi être séparément placés dans des sacs en plastique dans le sac réutilisable pour éviter la contamination croisée, surtout avec des aliments comme les échalotes reconnues pour être parfois porteuses de salmonelles.
Puisque les sacs sont réutilisés, ils peuvent aussi être contaminés par une multitude de choses : l'arrière de la voiture, le sol où ils sont déposés, l'endroit où ils sont entreposés, etc. Bref, dans une perspective alimentaire, tout peut devenir potentiellement pathogène si ce n'est pas manipulé avec vigilance. Santé Canada mentionne toutefois sa sympathie à ce geste environnemental, tant qu'il est fait avec précaution pour la santé.
Chez les environnementalistes, un son de cloche diffère.
«C'est encore dans la mouvance que tout soit aseptisé. Le problème, c'est que si on n'est jamais en contact avec aucun pathogène, notre système immunitaire ne se renforcera pas et la moindre grippe devient bien plus grave. Il faut aussi comprendre que l'E. coli, par exemple, la botte d'épinards est affectée dans le champ même du cultivateur. Du coup, que tu la mettes ou non séparément dans des sacs en plastique séparés ne changera pas grand-chose. Au même titre que certaines toxines traversent l'estomac de l'animal», explique le président des AmiEs de la Terre, André Nault.