Rassembler le voisinage un café à la fois

Samuel Beaupré-Lessard... (Imacom, Frédéric Côté)

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Samuel Beaupré-Lessard

Imacom, Frédéric Côté

 

Jean-Pierre Quirion

Le Tassé - Café de quartier. Un nom métaphorique pour désigner ce commerce de proximité près des gens, et où les gens sont près les uns des autres, une fois assis à l'intérieur. Les tables sont rapprochées, le service est personnalisé et l'ambiance incite les clients à entrer en contact.

C'est ainsi que Samuel Beaupré-Lessard décrit son commerce ouvert il y a deux ans au 426, rue du Conseil, près de la 4e avenue. «Dans les vieux quartiers, il existe une sorte de zonage hybride qui permet de belles initiatives. Le concept de proximité sied bien à l'Est de Sherbrooke», explique le jeune homme qui habite l'étage au-dessus de son café.

«Je voulais un commerce à l'ancienne qui draine les clients partageant les mêmes valeurs, comme le respect, l'ouverture d'esprit et l'environnement. C'est certain que dans un commerce de proximité, ça coûte plus cher, mais il y a une valeur ajoutée», affirme Samuel Beaupré-Lessard. «Quand je parle de proximité, c'est au sens large», ajoute-t-il en expliquant faire ses achats le plus possible lui aussi dans des commerces de quartier, citant au passage La Récolte, pour les fruits et légumes, et la Boulangerie Dufeu.

Encourager le bon voisinage

Samuel Beaupré-Lessard a choisi l'Est de Sherbrooke pour vivre sa vie de famille. «Beaucoup de gens sont prêts à faire davantage de compromis sur leur maison que sur leur quartier. Dans certains coins de la ville, les terrains sont petits, il manque d'espace. Par conséquent, le café du coin devient une extension du salon», cite le propriétaire, abordant encore la proximité.

«Le bon voisinage, c'est encourager le commerce proche. Au-delà du prix, il y a le service à la clientèle, c'est une valeur ajoutée, une relation que tu achètes. Ça te revient toujours.»

D'ailleurs, l'entourage du jeune homme d'affaires lui rend bien. «Ma clientèle est celle que je voulais. Des gens de tout acabit de 7 à 77 ans, des travailleurs, des universitaires, des jeunes familles...»

Les fidèles aiment tellement la place qu'ils prennent le temps d'offrir leurs commentaires constructifs. «S'ils n'aimaient pas ça, ils pourraient simplement ne pas revenir. Mais au lieu de cela, ils me parlent. C'est d'ailleurs mes moments préférés de la journée: quand je prends le temps de jaser avec les clients et pas seulement de la pluie et du beau temps.»

Samuel Beaupré-Lessard croit au retour du balancier. Après des années consacrées à l'ouverture des magasins grandes surfaces, les commerces de proximité reviennent à la mode. «Dans une chaîne, le client est anonyme. Certains cherchent cela, mais pour de la chaleur humaine, rien ne vaut un café spécialisé, tant dans la tasse que dans le quartier.»

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